Ne dites pas à ma mère que je suis freelance dans la pub

Ne dites pas à ma mère que je suis freelance dans la pub

Freelance, quel mot grossier pour les oreilles de maman ! Et pourquoi pas saltimbanque ?

Vous avez beau lui expliquer qu’aujourd’hui tout a changé. On ne rentre plus dans une agence en pensant y rester jusqu’au jour de la retraite. Et que d’ailleurs vous n’aurez peut-être même pas une retraite. Que vous êtes un vrai entrepreneur, avec beaucoup de clients et que vous gagnez super bien votre vie. La réponse est immédiate : « C’est très bien, j’ai compris, mais quand est-ce que tu retrouves un vrai travail ? « .

Pourtant à l’ère du salarié jetable, le freelancing est devenu tendance. Une tendance qui se dessine déjà depuis quelques années, mais qui monte, qui monte. Si votre maman est folle d’Obama, vous pouvez le citer.

Sinon il suffit de mentionner quelques chiffres :

– Aux US, 1 américain sur 3 travaille en freelance, soit 34% des travailleurs. Et 99% des créations d’emplois entre 2000 et 2011 seraient liés à la progression du travail indépendant. D’après une étude Intuit, ils seront 40% à travailler en freelance en 2020.americas-unaccounted-workers2

– La France devrait rejoindre le peloton de tête dans les années à venir. Ils sont plus de 700 000 freelances à être répertoriés. Et sur les 10 dernières années, le nombre de freelances a été multiplié par 2 (+ 85 %), selon un récent rapport de l’EFIP).
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La pub n’échappe pas à la règle. La crise est passée par-là. Et l’effet domino a commencé. En 2007, le marché publicitaire français a perdu 2 milliards d’euros de recettes en cinq ans. Puis, depuis 2012, encore 1 milliard d’euros. Les annonceurs ont baissé leurs dépenses en communication. Les agences qui ont vu chuter leurs recettes, ont coupé dans leurs forces vives en faisant des économies sur les salaires, les locaux et les frais fixes.

Pour mieux s’adapter à la crise, les agences de publicité font appel à des seniors talentueux, en cas de surcharge de travail, ou en renfort sur un pitch ou bien pour avoir un œil neuf sur un sujet usé. Les annonceurs cherchent à accéder à des talents fiables sur des sujets de plus en plus pointus, le temps d’une mission. Les deux ont besoin ponctuellement de nouvelles expertises (ex : UI-UX designer, Social media manager, Motion Designer,  Social media strategist, etc.) .
Bref, les freelances commencent à être l’une des ressources les plus recherchées en France. Et ça tombe bien car, des free, il y en a de plus en plus. Et pas des moindres !

Dans la pub et dans la com, qui sont aujourd’hui les freelances ?

L’écrémage des gros salaires a engendré la naissance d’une nouvelle force de travail externe flexible, professionnelle, talentueuse, incroyablement motivée, en augmentation constante.

Les seniors. Que faire quand on a + de 45 ans, qu’on est super qualifié, rempli de dynamisme, de passion, d’expérience et de talent et qu’il ne reste plus de places dans l’Olympe ? De plus qu’on peut passer vite d’un gros salaire à pas de salaire du tout (459 jours au chômage en moyenne, contre 158 jours pour les jeunes). Certes, on peut monter sa propre boîte, mais pour cela il faut les clients qui vont avec. S’adonner à ce dont on rêve depuis longtemps sans jamais avoir le temps de s’y consacrer : peindre, écrire, faire de la photo. Ou changer de ville. Ou se recycler. Mais à part quelques rares cas, comme notre Frédéric Beigbeder préféré, la vie d’artiste n’est pas si simple. Ca ne paie ni les études des petits, ni la pension de son ex, ni sa collection de Louboutin. Trop chers pour les agences, trop jeunes et pimpants pour partir à la retraite, pas assez prévoyants pour vivre de rente, voilà que beaucoup de dieux et déesses déchus, ont changé de montagne. Et sont devenus freelances. Et certains pour rien au monde reviendraient en arrière.

Mais si certains sont freelances par dépit car ils ont perdu leur travail, il y a aussi ceux qui ne l’ont pas encore trouvé.

Les juniors. Comme beaucoup de petites pousses de publicitaires. Fraichement diplômés, talentueux, ils galèrent comme des malades pour trouver un stage ou une alternance, ou ils passent de stage en stage, d’agence en agence. Ils multiplient les expériences, mais, n’arrivant pas à être engagés, ils finissent par se mettre à leur compte en freelance en attendant de décrocher un job. Ou pour y rester définitivement.

Mais il y a aussi ceux qui  le sont devenus par choix. Selon une étude récente, 90% des freelances.

Les slashers. A côté des « vieux » freelances qui le sont depuis toujours, par vocation, il y a la nouvelle génération très cool qui alterne ou cumule le travail fixe et le freelance. Comme les slashers, ces véritables couteaux suisses qui détestent la routine et aiment changer de projet tout le temps. Directeurs Artistiques aujourd’hui, skippers demain, réalisateurs ou vendeurs de frites l’année suivante, ils veulent bien travailler toute la vie, mais jamais dans le même domaine ni avec les mêmes personnes. Ils cumulent plusieurs jobs et travaillent sur des projets différents. Pour eux le bonheur c’est d’être free. Tout comme les furitas. Leur crédo : liberté, liberté chérie ! Ils détestent les horaires, la carrière et la bureaucratie interne. Pour eux, le freelancing n’est pas vécu comme un problème ni comme une fatalité, mais comme une évolution du marché, un choix leur permettant de travailler en adéquation avec soi et ses envies.

Les Millennials. Tout le monde connaît Les Millenials, c’est la génération Y (50 % de la population active de la planète, selon l’Insee). Pas de rituel métro-boulot-dodo ni des sacrifices comme papa et maman en pas la peine de travailler dur pour finalement être viré et finir au chômage. Le plus souvent, ils préfèrent travailler comme freelances. Un ordinateur, une connexion internet et au boulot ! Dans un open-space, à la campagne ou dans son lit, parce que la qualité de vie c’est sacré ! Et ça ne peut que prendre de l’essor car la génération Z commence à pousser au portillon.

D’autre part, les annonceurs et les agences ne sont pas dupes : travailler avec un freelance présente des avantages intéressants : pas de frais de structure, davantage de flexibilité, moins de paperasse, expertise ad hoc, profil pointu et aucun engagement sur le long terme. Qui dit mieux ?

Les Annonceurs aussi ont compris que pour certains sujets ils peuvent éviter des intermédiaires. Bien sûr, le plus difficile c’est la sélection. Mas certains sites tenus par des pros comme Mobiskill pour le la Tech (web et le mobile) ou Les Entremetteurs pour la pub et la com le font pour vous.

Eh oui, vous pouvez le dire à votre mère. Etre free ce n’est pas un problème, mais une nouvelle opportunité. Quand une aventure prend fin, une autre démarre. D’ailleurs, le freelancing ne serait-il pas le futur de la pub ?

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