Avec Florence au musée de la pub

Avec Florence au musée de la pub

La poudre de perle est un vieux remède chinois que les femmes employaient pour avoir un beau teint.

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Verbe facile, teint nacre et cannelle, esprit positif et tribal, et pensée rafraichissante, elle respire la vie. Florence Jourdet a de la poudre de perles jusqu’au fond de son esprit.

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Je vois de loin sa silhouette fine et racée. Elle m’attend, dossier à la main et sourire aux lèvres juste devant le Musée de la Publicité. Nous avons rendez-vous avec Réjane Bargiel et Amélie Gastaut, conservateurs du Musée. [1]

J’ai longuement discuté au téléphone avec Réjane. Elle considère que la publicité constitue un élément culturel à part entière. Mais, depuis qu’on l’associe à un acte commercial, le regard des gens a changé. Réjane est prête à réfléchir avec nous sur le projet et serait ravie de participer à une action constructive qui peut donner un futur à la pub et aux Marques et un nouveau plaisir aux consommateurs. Et nous, nous serions absolument ravis d’avoir le Musée de la pub comme partenaire.

Nous rentrons dans le bâtiment dans un silence religieux. Le Musée de la Pub, qui fait partie du Musée des arts décoratifs, se trouve dans une aile du Palais du Louvre. Ancienne forteresse, luxueux palais des rois de France, le bâtiment du Louvre, avouons-le, ça impose du respect. Et puis un musée c’est quand même un lieu magique. C’est un patrimoine accumulé qui raconte une histoire. Ici c’est l’histoire des Marques et de la pub. Une collection de 50 000 affiches françaises et étrangères, du XVIIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale. Des affichistes célèbres, comme Mucha, Savignac, Chéret, Toulouse-Lautrec et bien d’autres. Sans compter les 50 000 affiches contemporaines de 1950 à aujourd’hui déposées par les agences, les annonceurs ou les graphistes. Les amis de notre grand-mère ou des nos arrières grands-mères sont ici. Des personnages inoubliables comme le célèbre bébé Cadum, l’ami Banania, la vache qui rit ou Le Petit écolier. Et les magnifiques sagas de Citroën, Dim, Benetton, Renault, … Par ici les nostalgiques, les publiphiles, les collectionneurs ! Venez vous régaler avec les 20.000 films publicitaires français ou étrangers des années trente à aujourd’hui. Ou avec les 30.000 annonces presse, les spots radio et les objets publicitaires divers et variés. Toute la mémoire collective et les émotions du passé sont ici. De quoi donner le tournis.

Mais, nous ne sommes pas là pour visiter. Je sais, je n’y peux rien, la pub me passionne. Pas la pub frileuse qui radote, ni celle qui gonfle ou agresse. J’aime l’art de la publicité, celle qui ose inventer sans imiter. Celle qui sait changer de regard et donner du bonheur. C’est pour cela aussi que nous sommes ici. Nous montons directement dans les bureaux. C’est Amélie Gastaut qui vient nous accueillir à la sortie de l’ascenseur.

Et voilà, certains imaginent déjà une vieille fille coincée ou une mamie poussiéreuse. Il est temps de remballer vos préjugés. Amélie est une jeune femme séduisante, féminine et pleine de vie. Elle nous dit que malheureusement Réjane ne pourra pas être présente à la réunion, mais elle lui racontera tout, c’est promis. Réjane m’avait séduit par sa passion et son enthousiasme. Amélie me déconcerte par son esprit vif et sa grande sa capacité d’écoute.

Florence a l’art du verbe et le feu de la passion. Elle mène ses actions sans temps morts en assurant en toute situation. Elle fait tourner le Jour Sans Pub comme une toupie et arrive, en peu de temps, à en montrer toutes ses facettes, lui parle du consommateur qui étouffe et de la pub qui s’essouffle, de l’achat de sens, de l’éthique des Marques en passant par les mouvements de société et par ceux des antipub. Bref, le tour du JSP à 360° et en 15 minutes chrono. Nous discutons, répondons à toutes ses questions, puis je présente la création. Amélie paraît emballée. Elle a tout compris. Pas étonnant. Elle sait bien que les idées qui marchent sont celles qui créent une histoire. Et aussi que c’est en démocratisant la pub qu’on pourra lui redonner ses lettres de noblesse. Elle est prête à faire un partenariat et à nous accompagner.

Nous lui proposons d’organiser une projection de spots ou une rétrospective sur « la vie de Marques » avec les Annonceurs participants. Et aussi d’autres manifestations en rapport avec le Jour Sans Pub. Myriam a prévu une conférence de Presse pour expliquer aux journalistes le véritable sens de l’action et donner la plus grande visibilité aux Annonceurs et aux Partenaires participants. Nous aimerions l’organiser dans leur espace.

Cette archéologue du présent sait regarder vers le futur. Elle nous dit que Musée est prêt à nous accueillir dans ses locaux pour la conférence de Presse. Il est possible aussi d’envisager la diffusion de films publicitaires. Mais, pour que leur engagement aille plus loin et pour que le Musée puisse donner une caution artistique et ou intellectuelle, elle attend d’en savoir un peu plus au sujet des autres « manifestations ». Amélie nous demande de lui faire parvenir un petit dossier qui résume le JSP pour que la direction puisse aussi prendre connaissance de l’événement dans tous ses détails. Nous reprendrons contact avec elle, dès que le projet sera concret, pour déterminer quel est le meilleur dispositif qu’ils pourraient mettre en place.

Nous la quittons, ravies de ce rendez-vous. Florence a des paillettes dans les yeux. Moi, des confettis dans le cœur.

Quelqu’un disait « Les musées sont les endroits les plus vivants du monde. On dirait une concentration d’humanité. » En effet, l’art n’a pas de poussière. C’est une pulsion arrachée au fond des tripes qui se fout des schémas préconstitués. Et c’est quand on connaît le passé qu’on n’a pas peur de l’avenir.

POST-IT : Puisque moi j’ai des tas de choses à dire et à voir et puisqu’il y a une vie après la pub, je viens d’accoucher d’un petit frère du JSP. C’est un bébé blog, un petit vide-poche avec mes coups de cœur et mes coups de gueule. Allez y faire un tour, histoire de voir… http://puisquemoije.over-blog.fr/

Notes

[1] Musée de la pub : http://www.museedelapub.org/

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10 réflexions au sujet de “Avec Florence au musée de la pub”

  1. Je ne connaissais pas le musée de la pub. Dès que je suis sur Paris, je vais y faire un tour. Vous m’en avez donné envie. La pub en général me gonfle. Parce qu’il y en a trop et parqu’elle est nulle, mais la bonne, la pub créative, pourquoi pas ? Surtout qu’on ne me l’impose pas. C’est moi qui choisit d’aller voir…

  2. moi non plus je ne connaissais pas le musée de la pub mais j’avais vu à la cité de la science en son temps une exposition sur les anciennes pubs j’avoue que cela avait beaucoup d’allure et de charme, les créateurs d’aujourd’hui devraient bien en prendre de la graine. Il ne faut pas que la pub soit trash, arrogante ou déplacée mais frappante tout en douceur c’est un art difficile que de nombreux publicistes n’ont pas compris et c’est une des raisons pour lesquelles les spots à la télé m’agacent.

  3. On pense que dans les musée il y a des gens qui regardent en arrière. En réalité ce sont eux qui savent innover. Les gens de culture ont une grande ouverture.

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