Hollywood sur Seine

Hollywood sur Seine

Dès que je rentre chez NRJ, une pluie de strass tombe sur le JSP. Supercalifragilisti…

dauphins

Je rencontre Stéphanie Bacquaert au café Murat, à Porte d’Auteuil. Ça fait une éternité que nous ne nous sommes pas revues. Elle a gardé la même attitude déterminée et rassurante d’antan, le sourire en plus. Nous démarrons notre conversation par quelques brefs échanges personnels, en levant la voix pour nous entendre dans le vacarme de ce café très couru.

Ensuite Stéphanie me présente la puissance du groupe NRJ, en chiffres et en lettres avec une démo de pro sur l’écran de son ordinateur. Elle me parle de NRJ d’aujourd’hui. Je lui raconte le JSP de demain. Elle a lu le dossier, elle le trouve original et intéressant. Les commerciaux du groupe pourraient se charger de présenter le projet aux Annonceurs. Mon cœur fait des galipettes. La force commerciale du groupe est impressionnante, pas uniquement par le nombre, mais également par leur dynamisme et leurs qualités relationnelles. Si NRJ est avec moi, je pourrais réaliser mon projet très rapidement. Elle me propose une première réunion avec Pascale Nillus-Obadia, en charge des opérations spéciales et Bertrand Bichaud, directeur de Spot Machine, une filiale de NRJ GROUP qui s’occupe de la création et de la production de spots radio.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Quelques jours plus tard je rentre chez NRJ, un coin d’Hollywood dans le XVIe arrondissement. Ici tout est grand et scintillant. Les hôtesses d’accueil sont jolies, les gens qui rentrent ou qui sortent ont un look faux-cool ou vrai-hype. La plus part des hommes se cachent derrière des lunettes noires. Seraient-ils des stars en incognito? J’hésite entre le canapé rouge et le noir, qui se côtoient sous les lumières éclatantes. Je finis par choisir le noir, manteau rouge oblige. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux anciens bureaux, avenue d’Iéna, à l’accueil sombre et tellement étroit qu’on devait s’écraser comme une crêpe pour permettre le passage. Un jour, Jean-Paul Beaudecroux [1] m’avait montré, avec beaucoup de fierté, la maquette en volume des nouveaux locaux.

À ce moment, je m’occupais de la campagne d’image NRJ, une grosse campagne avec affichage, presse, télé, cinéma et « tutti quanti ». J’avais décliné les grands thèmes qui touchaient de près les jeunes auditeurs : écologie, liberté, antimilitarisme, dépassement de soi, amour, amitié… en choisissant les mots des chansons qu’ils écoutaient. Et j’avais signé « La musique est une force ». Qui d’autre qu’une radio qui avait fait descendre 300.000 jeunes dans la rue pouvait le clamer haut et fort ? C’est peut-être pour ça, qu’ici je me sens un peu chez moi. À force de rentrer dans l’âme d’une marque, on finit par s’y attacher. Oh, que le temps passe vite ! Depuis nous avons même changé de millénaire.

Stéphanie me sort de mes pensées, la réunion va démarrer. Après l’échange classique de cartes de visite, Stéphanie introduit le JSP. Puis je prend la parole. Je parle de l’overdose publicitaire, de la médiatisation des antipub, du mur qui s’est dressé entre les marques et le consommateur et du besoin de rétablir le dialogue. Pascale m’écoute attentivement. Son visage est fermé et ne laisse transparaître aucun sentiment. Elle me pose des questions pointues, me demande des précisions et réfléchit longuement. Enfin sa bouche s’ouvre dans un large sourire. L’idée l’a séduite. Ouff ! J’ai eu peur. Elle me parle d’une opération spéciale qu’ils ont mis en œuvre avec Gaz de France, où les femmes étaient interviewées. Les auditeurs avaient beaucoup apprécié.

J’enchaîne : « Ça ne m’étonne pas. Les gens ont besoin de s’exprimer. Et aussi d’être étonnés. Les Marques les envahissent de plus en plus et la pub reproduit paresseusement ses schémas habituels, en recyclant ses propres clichés. Avec le JSP, pour la première fois dans l’histoire de la pub, les Marques vont faire un acte généreux et inattendu : elles offrent leur espace pub aux consommateurs et vont les écouter. Pendant toute une journée, il n’y aura aucun message publicitaire. Les auditeurs de la radio seront les seuls acteurs de cette journée. »

Bertrand s’agite sur sa chaise en frémissant d’impatience. Je peux presque entendre le bruit de ses neurones qui marchent à plein régime. Son enthousiasme est évident. Le JSP est une idée inhabituelle qui permet de libérer l’imagination et de donner du corps aux idées. D’ailleurs il en a déjà au moins une pour chacune des radios : Sur Rire et Chansons, on pourrait passer des blagues de Coluche sur la pub. Sur Nostalgie, on pourrait faire des spots « zen ». Sur Chérie FM, sur NRJ… Moi aussi, je me lâche en discutant « création ». J’imagine le bruit de la nature, des chants d’oiseau, le bruit de vagues…

Pendant que nous engageons un ping-pong d’idées, Pascale et Stéphanie se tiennent en retrait, puis, avec un implacable sens des réalités, elles reviennent à l’objet de ce RV : ‘ »‘Qu’attendez-vous de nous ? » » Je leur réponds que j’aimerais établir un partenariat avec NRJ, pour donner aux Français ce dont ils rêvent : un jour de respiration, le droit à la parole et un maximum de musique. Plus concrètement : « J’aimerais que sur NRJ tous les espaces pub soient remplacés, pendant 24 heures par des micro-trottoirs, des interviews et des chansons. Je souhaiterais également que des numéros de téléphone et le forum NRJ soient mis à la disposition des auditeurs pour qu’ils puissent s’exprimer librement. Et qu’on étudie ensemble la meilleure manière de faire une opération spéciale qui aille dans leur sens. Je confirme ensuite mon vif intérêt pour la proposition de Stéphanie : faire intervenir leurs commerciaux pour proposer le JSP aux Annonceurs. Et, pour finir, j’aimerais que Bertrand nous mette à disposition son studio, ses techniciens et son talent pour réaliser les spots radio.« 

Bertrand réagit au quart de tour. « On se rappelle rapidement pour en discuter plus longuement et parler créa « Pascale et Stéphanie me proposent une autre réunion pour préciser les détails de l’action. Cette fois le directeur de l’antenne de la radio sera aussi présent.

Je quitte Hollywood, les yeux pleins de paillettes. Woaw ! I feel good !!!

POST-IT : Vous avez remarqué ce petit rectangle gris et rouge en haut à droite ? Et oui, nous sommes dans les blogs favoris de Stratégies.

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7 réflexions au sujet de “Hollywood sur Seine”

  1. Bonjour, je ne suis pas un auditeur de NRJ, pour tout vous dire j’ai toujours pensé que cette radio c’est une machine à fric. Je viens de lire ce post et je viens de changer d’avis. Je me dis que si ce media a une telle capacité d’ecoute, je l’ai peut-etre mal jugé. C’est interessant d’apprendre que les gens ouverts ne sont pas toujours là où on les attend.

  2. il y a dix ans NRJ était une radio qui avait une très belle image. Désormais c’est une machine commerciale. Mais si elle est prête à sponsoriser le JSP, peut être qu’il lui reste encore un peu de cette âme, dont vous-même parliez.

  3. Musique commerciale, animateurs formatés, overdose de pub. Je me demande bien qu’est-il arrive à NRJ pour avoir une attitude si intelligente et pour adhérer au JSP.

  4. bonjour, merci pour ce billet intéresdsant (comme souvent !) ; heureusment que tu as précisé : elle m’avait bluffe par son professionnalisme et son aisance 🙂 on aurait eu du mal à saisir l’esentiel 🙂

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