Le Tweet est mort, vive le Tweet Sponsorisé

La Toile n’a jamais été un si grand incubateur de buzz. En témoigne l’un des derniers dossiers en date : le « cas » Hasan Syed.

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Revenons-en aux faits : le lundi 02 Septembre, Hasan Syed embarque à destination de Paris, la première et unique escale d’un vol devant le mener à Düsseldorf. Il est accompagné de son père qui, à son arrivée à Paris, se retrouve sans valise. La société British Airways, réputée pour son service client négligeant, a commis un nouvel impair en la perdant en route.

L’occasion est trop belle pour le fils : autant par soutien paternel que par esprit de curiosité, Hasan réagit et choisit de partager son expérience sur Twitter. Cependant, l’idée de clamer haut et fort son mécontentement grâce au tweet classique n’est pas assez impactante pour lui. Plus connu sous le nom de @HVSVN, il choisit l’option de sponsoriser ses tweets. Autrement dit, il paie la plateforme Twitter afin de mettre en avant certains posts -selon des critères bien précis- pour les rendre visible auprès d’une cible bien plus large que d’habitude. Ci-joint l’un de ses charmants petits messages :

1.HorrendousOKEt le résultat ne se fait pas attendre : pour un modique envoi de 8 tweets et l’honnête somme de 888 $, un constat media plutôt bien ficelé : plus de 70 000 internautes touchés et des retombées presses impériales (The Guardian, CBNews, FoxNews et tout une kyrielle d’autres gazettes extra-nationales)… Quelque chose qu’il n’aurait jamais pu atteindre gratuitement et avec la seule aide de ses 400 followers.

Analytics 2Si l’opération fut un succès, c’est aussi grâce au relai effectué vers les influenceurs et leaders d’opinion. Le site d’actualité des réseaux sociaux et des nouvelles technologies Mashable, intéressé par la démarche originale, a fait croître de manière exponentielle la viralité des tweets dudit plaignant. Résultat : l’idée un peu folle de payer pour se plaindre fut couronnée de succès.

Grâce à cette opération, @HVSVN est devenu comme une icône, porteuse de valeurs telles que l’abnégation, la détermination, le courage, la conviction, n’ayant pas froid aux yeux dès lors qu’il s’agit de mettre la main à la poche pour défendre ses intérêts. Et pourtant…

Force est de constater que, en dehors de la stratégie média, Hasan Sayen n’est pas en complète maîtrise de la situation, comme en témoignent certains de ses tweets :

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Y avait-il un but réel derrière la démarche ? Après tout, la réponse importe peu : le 05 Septembre et, après quelques échanges sur Twitter avec le Community Manager de British Airways qui peut se féliciter d’un flegme à l’image de son pays, Hasan récupère la valise de son père.

Got what I wanted

Récupérer ses bagages certes, mais pas seulement. Car @HVSVN signe en même temps le manifeste pour une « communication pour tous », pour les publicitaires et tous les autres. Peu onéreux pour les porteurs d’un véritable message et parce qu’il laisse place à l’expérience vécue du client : le buzz ne deviendrait-il pas une nouvelle tendance accessible à l’individu lambda ?

Trend itselfLe Robin des Bois des campagnes de communication, David face à Goliath ? Autrefois réservé au club restreint très fermé des publicitaires, le buzz est devenu une tendance populaire fascinante à suivre car, ne l’oublions pas : on a beau être un géant de la communication, le client est toujours roi.  Par Ivan Ferret

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4 réflexions au sujet de “Le Tweet est mort, vive le Tweet Sponsorisé”

  1. Intéressant mais je n’ai pas tout compris, Pourquoi faut-il payer pour faire sponsoriser ses Tweets et comment fait on ? Est-ce qu’il a de ce fait sponsorisé British Airways ? Quand à l’exemple de son Tweet, je ne peux pas y accéder… 😉

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    • Bonjour Olivia ! Je vais tenter de tout mettre au clair en faisant simple 🙂
      1. Imaginons que je sois la personne qui tweet. A chaque tweet normal que j’envoie, seuls mes « followers » peuvent voir mes posts, parce qu’ils ont choisi de « suivre » mes commentaires, délibérément. Le principe du tweet sponsorisé est un petit peu différent : il vise des personnes qui ne sont pas mes followers mais qui peuvent être intéressés par ce que je raconte (en fonction des hashtags utilisés, des pages et profils visités, des autres personnes et sujets qu’ils suivent, etc). L’intérêt est donc d’obtenir une plus grande visibilité auprès de la communauté qui partage les mêmes centres d’intérêts que moi. Le message circule plus facilement.
      2. Pour sponsoriser ses tweets… Rendez*vous sur l’espace « Twitter Business » : comptes, tweets et tendances sponsorisées sont au programme ! Chacun des trois systèmes possède ses propres avantages. Pour y accéder, il suffit de rentrer quelques informations à son sujet (et sur son entreprise) dans un champ dédié, puis de se laisser guider par les doux gazouillis de l’oiseau bleu.
      3. C’est donc à l’aide de ses centaines de dollars déboursés et de ses #hashtags et @messages définis dans le ciblage (proposé par Twitter) qu’Hasan Syed a réussi à gagner en visibilité et a créer le buzz. D’une certaine manière, effectivement, il a sponsorisé British Airways. Très connu, le hashtag #BritishAirways est fréquemment recherché et consulté sur le réseau social. Devinez donc, par conséquent, ce que l’on voyait apparaître tout en haut de l’écran… ?
      J’espère avoir été plus clair… ! 🙂

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