Filière communication, un filon ?

Les représentants des métiers de la communication viennent de signer un contrat de filière avec l’Etat. Formidable ! …Euh, oui… mais au fait, à quoi ça sert, une filière communication ?
On connaissait la filière bovine ou la filière automobile qui en cas de crise ne manquaient pas de demander des aides à l’Etat. Les agences vont-elle ainsi, en cas d’épidémie de grippe chez les publicitaires, pouvoir demander des indemnités ?
Ca n’a pas l’air prévu.

Alors à quoi sert donc cette filière ?  Reprenons d’abord la définition du Larousse. Filière :  « Ensemble des phases d’un processus de production qui permettent de passer de la matière première au produit fini vendu sur le marché.»` C’est plus clair ?… Non ?
Au dire de Bercy, l’objectif de cette création c’est d’étendre au secteur des services qui emploie 10 millions de salariés et crée de plus d’emplois en France, une logique déjà appliquée dans l’industrie.
D’accord, mais pourquoi commencer par le secteur de la communication ?
Parce que « croissance et investissement publicitaire vont de pair » dit-on. Nous n’entrerons pas ici dans le débat de l’œuf et de la poule et on dira que c’est la pub qui fait le PIB. D’ailleurs une étude aurait tranché : un euro investi en publicité générait 7,85€ de PIB .Et puis parce que dans le domaine, la France compte quelques poids lourds comme Publicis ou Havas. Cocorico ! (ça, c’est pour la poule).
En fait, la filière représente 30 milliards d’euros d’investissements publicitaires (médias et hors médias), et plus de 500 000 emplois directs ou indirects. Ca a l’air énorme. Mais c’est peu comparé à d’autres pays développés. Y aurait-il donc un filon ? Une source de richesse pour alimenter le PIB et créer les emplois qui nous manquent tant ? A voir.


Mercedes Era, nommée Préfiguratrice de la filière (c’est le titre ), a défini avec les différents acteurs 7 objectifs parmi lesquels la création d’un observatoire, afin de se compter et définir le périmètre de la filière, le développement de la communication des startups, et le soutien à la formation.
Et pourquoi avoir choisi Mercedes comme Préfiguratrice ? Parce elle aime son métier et aime le voir avancer. Car c’est une femme d »action et de passion. Parce qu’elle le vaut bien.

Ca vient de tomber, samedi 25 juin 2016

Pour Maurice Lévy, le Brexit n’aura que peu de conséquences sur Publicis

Publicis a plusieurs agences à Londres, des états-majors, mais le Royaume-Uni ne représente qu’environ 6% de son activité, soit le même poids de la France, a-t-il rappelé. Publicis aura même « un avantage » du fait que son siège est installé sur le continent, a souligné Maurice Lévy. Source cbnews.fr

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Le Brexit est une opportunité à saisir, selon l’AACC

Vincent Leclabart, président de l’Association des agences-conseils en communication (AACC), voit dans le vote en faveur du Brexit une occasion à saisir pour les agences françaises. Source strategies.fr

U.K. Ad Industry Uses All Its Skills to Sway Young Brits Against ‘Brexit’

Although voters as a whole seem split, the vast majority of the advertising and marketing industry supports staying, with WPP CEO Martin Sorrell perhaps the industry’s most vocal « Remain » supporter. They are backing the campaign officially known as Britain Stronger in Europe, facing off against the organization Vote Leave. Source adage.com

Advertising spend to take £220m hit over Brexit fears, says WPP

GroupM, the media arm of Sir Martin Sorrell’s WPP, has downgraded its forecast of UK ad growth for 2016 by £220m between its November and June forecasts, with the market only expected to bounce back in the event of a vote to remain in the EU. Source theguardian.com

Brexit reaction: Ad industry rocked by UK vote to leave EU
Senior figures from across the UK’s advertising industry have reacted with shock and dismay after the country voted to leave the European Union.

The Brexit effect: advertising

The UK advertising sector is a large contributor to the UK economy with a gross annual revenue of £13.3bn, contributing over £2.9bn to the economy each year. It also employs 96,000 people (63% women), 19,000 of whom are self-employed. On current growth, inside the EU, the Advertising Association is predicting an increase in UK advertising’s contribution to national exports of 54% over the next five years. Source thesandpit.com

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Why UK media needs to stop blaming the Brexit for ad revenue declines

The UK’s biggest terrestrial TV commercial broadcaster ITV said on Thursday that worries over Britain’s referendum on its EU membership have led to « uncertainty in the UK advertising market. » Source businessinsider.com

Advertising and Media Industries Brace for Uncertainty in Wake of ‘Brexit’

As the global advertising industry finishes up a week in the sun at the Cannes Lions festival in France, executives awoke Friday morning to news that Britain—the largest advertising market in Europe—will be leaving the European Union. Source wsj.com

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Ca vient de tomber, lundi 6 juin 2016

Discrimination pour précarité sociale : #UnNomPourDireNonATD Quart Monde lance une campagne pour nommer la discrimination pour précarité sociale. Avec le hashtag #UnNomPourDireNon sur les réseaux sociaux, ou sur le site internet d’ATD Quart Monde (www.atdqm.fr/discrimination), chacun pourra proposer un néologisme qui permettra enfin de dénoncer tous ces agissements inacceptables.

Source Communiqué de Presse

Advertise.ai pour suivre facilement vos performances publicitaires

Le suivi des performances de ses campagnes publicitaires est parfois un chemin de croix pour le non-initié. C’est fini avec Advertise. ai dont le bot pourra devenir votre propre chargé du suivi des achats médias.

Source journaldunet.com

AACC : 7 réflexions sur l’Intelligence artificielle et les marques

Quelle place restera t-il à l’homme, à l’empathie, à la bienveillance, à l’humour et à la créativité face aux machines et quel rôle jouera l’intelligence artificielle dans le monde à venir ? Selon l’IFOP, 65% des Français s’inquiètent du développement de l’IA.

Source viuz.com

4 principes pour optimiser le duo marque-égérie

Adosser la communication d’une marque à une célébrité est à double tranchant. La relation doit être porteuse de sens et équilibrée pour les deux partis. Conseils pour un partenariat réussi.
Source lesechos.fr

Vidéo : échanges franco-allemands autour de la publicité avec Vincent Leclabart et son homologue allemand Ingomar Faecks

A l’occasion des 30 ans de Bauer Media France célébrés le 31 mai dernier, une rencontre était organisée entre Vincent Leclabart, Président de l’AACC, et son homologue allemand, Ingomar Faecks, Président de la GWA. En vidéo, et en exclusivité pour 100%MEDIA, ils expriment ce qu’ils apprécient chez leurs voisins, quelles sont les pistes de travail en commun et leur position vis-à-vis des adblocks, particulièrement puissants Outre-Rhin.

Instagram mise sur la France avec Marcel

Une première. C’est en effet la première fois qu’Instagram qui revendique 400 millions d’aficionados dans le monde lance une campagne de communication depuis sa création en octobre 2010, surfant ainsi aussi sur la nouvelle identité visuelle révélée en mai dernier. Et c’est en France que cela se passe. Et pour l’heure, uniquement en France, précise-t-on chez les représentants français du réseau social.

Source cbnews.fr

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Tristan Harris : « Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens »

On a découvert cet ingénieur informatique américain formé à Stanford via un post de Medium passionnant titré « Comment la technologie pirate l’esprit des gens ». Il y explique (en anglais) comment les entreprises de la Silicon Valley nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces.

Source rue89.nouvelobs.com

Publicité, ma belle publicité, dis-moi qui est la plus efficace ?

Dans le panorama des festivals et prix publicitaires, il y en a un qui se détache : les Effie Awards. Pourquoi ? Car comme son nom l’indique, il récompense une campagne de communication… pour son efficacité. Comprendre par là les résultats concrets apportés à une marque par une campagne : augmentation des ventes, des parts de marché, amélioration de l’image de la marque auprès des consommateurs… En bref, une « communication efficace, créative et intelligente », selon les mots de Marie-Pierre Bordet, vice-présidente de l’AACC et présentatrice de la remise de prix.

Pour cette 21ème édition, 20 jurés, présidés par Didier Truchot, cofondateur et coprésident de l’instutut de sondage Ipsos, et répartis en 4 collèges agences-marketing-média-jury, ont primé 25 campagnes dans 11 catégories pour un résultat de 9 Effie d’Or et 1 Grand Prix.

Alimentation

Belle entrée en matière que la catégorie Alimentation puisque la campagne qui remporte l’Or n’est autre que le Grand Prix Effie 2014 : la campagne No Logo de McDonald’s France par TBWA/Paris. Cette campagne en 2 temps met en scène les 6 produits iconiques de la chaîne de fast-food « dans leur plus simple appareil » : des visuels en gros plans, dénués de logo et surtout appétissants. Et, dans un second temps, les réactions que provoque la vue de ces produits inimitables. Pari réussi que cette campagne sans le mythique M jaune, puisque elle sera malgré ça parvenue à attendre 99% d’attribution. Et dire que les franchisés ont d’abord cru à une erreur d’imprimerie !

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Boisson

On retrouve sans surprise, mais toujours avec plaisir, une campagne rafraichissante qu’on n’avait pas vue depuis (trop ?) longtemps : Baby&Me d’Evian par BETC. La succès de la communication d’Evian n’est plus un secret, depuis 15 ans que le bébé est au cœur des campagnes. Pourtant, au départ, difficile d’imaginer se différencier sur le marché des eaux plates, où seul le prix est un argument. Aujourd’hui, les bébés Evian sont même devenus des objets culturels que l’on se partage, à l’image des tee-shirts ou de la dernière vidéo vue plus de 170 millions de fois. Mais les bébés grandissent… la recette du succès d’Evian sera-t-elle éternelle ?

Automobile

Sur le marché de la publicité automobile, à moins de s’appeller Volkswagen, difficile de briller par sa créativité. Et pourtant, l’Effie d’Or Automobile est attribué à Mercedes pour son spot « Le monolithe ». Tout en métaphores, il retrace la naissance de la voiture dans une esthétique irréprochable signée CLM BBDO qui réussit le challenge de moderniser la marque et de la positionner à la deuxième place des marques automobiles premium. Pas de doute que c’est (en partie) dû à la vidéo des 24 heures dans la peau d’un cerf accessible dans l’expérience immersive.

Distribution

La France marche-t-elle sur la tête ? C’est en tout cas le message qu’a voulu faire passer E.Leclerc au gouvernement, aidé de son agence Australie. « E.Leclerc se bat depuis l’origine pour faciliter l’accès aux produits et services au plus grand nombre. Le prix, notamment est un axe central de ce combat », comme nous l’explique Vincent Leclabart, à la fois président de l’agence Australie et de l’AACC. (l’Association des Agences-Conseils en Communication). Alors quand certains médicaments sont déremboursés, l’enseigne de grande distribution s’estime « légitime » pour pouvoir les vendre dans ses parapharmacie et ainsi faire baisser leur prix. Et pour cela, elle s’adresse aux politiques à travers une campagne télévision et presse, de façon à être visible du grand public. De quoi déplaire aux principaux concernés. Par chance, l’agence avait anticipé l’éventuelle « censure » : lancée un vendredi soir, la campagne avait tout le week-end pour être vue du plus grand nombre, les organismes dédiés ne travaillant pas le week-end… On marche sur la tête !

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Hygiène beauté santé

« Si je ne connaissais pas les Effie, je penserais être à un prix créatif », s’était exclamé Stéphane Renaudat, directeur de création d’Australie en voyant les campagnes lauréates des premières catégories. Si jusqu’ici le public présent au Théâtre de Paris ce 24 novembre partageait son avis, la campagne contre la chute des cheveux des Laboratoires Vichy réalisée par TBWA/Paris a déçu les amateurs de créativité. On sait tous qu’en dehors de rares exceptions comme Dove, Hygiène-beauté-santé ne rime pas forcément avec créativité. Mais avec cette campagne, Vichy a fait passer le produit de la 7 à la 1ère place sur la chute des cheveux. Nul peut donc nier l’efficacité de cette campagne, le prix est bien mérité. Faut-t-il donc croire que quand il s’agit de cheveux, la promesse produit est plus forte que l’idée ? Car, même si comme le rappelle Vincent Leclabart, « une campagne est l’expression créative d’un message », Stéphane Delaporte, directeur général de la régie 366, avouera quelques instants après être un adepte du produit. 

Communication corporate et B to B

Carton plein pour McDonald’s ce soir-là qui voit sa communication, corporate cette fois-ci, récompensée par un Effie d’Or dans une nouvelle catégorie. Une campagne sans artifices (sans intérêt diront les mauvaises langues), sous forme de reportage, de témoignages, qui vise à changer l’image des « McJobs ».

Services

Quoi de plus fragile que l’image des télécoms en France… Alors quand Bouygues Télécom lance sa 4G, son agence DDB met le paquet dans un film qui parle rêves d’enfant, réalisation de soi et exploit. Au départ accompagné d’une campagne d’affichage comparative, « ce sport de haut niveau », qui a attiré les foudres des concurrents qui ont demandé à la faire retirer – avec succès. La campagne aura au moins fonctionné auprès des consommateurs, Bouygues ayant amélioré sa perception après 15 ans d’image négative.

Communication publique et d’intérêt général

Un prix publicitaire n’en serait pas un sans une campagne d’intérêt général, le genre de campagne qui fait réfléchir. Pour cette édition 2014, c’est la Sécurité Routière et Publicis Consultants qui s’illustrent avec la campagne « Quand on tient à quelqu’un, on le retient » sur le thème de l’alcool au volant. Le secret sa réussite ? Son ciblage : la Sécurité Routière s’adresse maintenant aux proches, et non aux buveurs. Car plus facile de convaincre le grand public de veiller sur ses proches que sur lui-même : après la campagne, ils étaient 85%, contre 63% avant, à déclarer empêcher un proche de rentrer après avoir bu.

Mention spéciale au Effie Bronze, l’ingénieux Air Food Project pour la reconduction de l’aide alimentaire européenne, à découvrir ou à redécouvrir.

Petits budgets

Dans cette catégorie, l’Effie d’Or, remis par le président de l’ARPP, Stéphane Martin, ne vous dit peut-être rien… à moins que vous soyez ingénieur. Car cette opération de la SNCF, réalisée par TBWA, est le deuxième volet d’une large campagne de recrutement initiée en 2012. À travers un « serious game » des plus réalistes, l’entreprise ferroviaire espérait recruter ses futurs ingénieurs parmi les meilleurs. C’est chose faite : 10 profils embauchés pour 5000 candidats, avec en prime le joli score de 800000 visiteurs sur le site dédié. Comme quoi, quand elle le veut bien, la SNCF n’est pas en retard… sur son temps.

Comme tout prix publicitaire, certaines catégories n’ont pas trouvé leur bonheur, ainsi les catégories Culture et Loisirs et Mode accessoires luxe n’ont pas attribué d’Effie d’Or. Peut-être parce qu’ils étaient déjà tous pris par TBWA/Paris, grand gagnant de la soirée qui repart avec 4 Effie d’Or et 1 Grand Prix. « Un cru 2014 de très grande qualité », selon Vincent Leclabart.

6e édition université d’été du SNPTV

Et si on pouvait rejouer la finale de la coupe du monde entre France et Italie ?

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Ils ne sont pas là pour un match, mais pour s’exprimer autour d’une question délicate et fondamentale: le futur de la Télé devant la montée du numérique.

Sur le papier, on les présente par ordre alphabétique, histoire de ne pas froisser leur ego : Nicolas Bordas (Président de TBWA), Raphaël De Andreis (Président de BETC Euro RSCG), Dominique Delport (Président Directeur Général d’Havas Media), Laurent Habib (Directeur Général d’Havas et Président d’Euro RSCG C&CO), Thierry Jadot (Président de Starcom France), Bruno Kemoun (Co-Président de KR Media France), Vincent Leclabart (Président d’Australie), Jérôme Guilbert, Directeur Général de McCann Erikson Paris, Marc-Antoine Jarry, Directeur du Planning Stratégique d’Ogilvy & Mather Advertising, Hugues Pietrini, Président d’Orangina-Schweppes France, etc.

Ce n’est pas le Who’s Who de la pub. Quoique… C’est quand même l’une de plus jolies brochettes de Présidents et de Directeurs. Vingt-quatre hommes et deux femmes, si j’ai bien compté.
Comme quoi, même dans la pub, l’égalité des sexes ce n’est pas encore pour tout de suite.

Comment pourrais-je vous traduire en une seule phrase simple et intelligible pour le plus commun des mortels, la conclusion de cette journée bien remplie ?
Allez, la voici en quelques mots : La télé est morte, vive la télé !

Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, la télé n’agonise pas, au contraire, elle se porte très bien. Cette année les annonceurs ont dépensé 5,5 milliards d’euros. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. 4 heures 27 d’écoute par jour, ce n’est pas rien !

Même les « digital natives » y sont accros. Scotchés à leur tablette ou à leur IPhone, ils s’envolent des tweets et des textos pour commenter l’émission TV qu’ils sont en train de regarder. Pas de discours parallèles, juste des allées et retours. Pas de concurrence non plus, mais de la complémentarité et de la synergie.
Car les anciens et les nouveaux médias se rencontrent et interagissent entre eux.

Vous voilà rassurés. Les médias numériques ne tueront pas les médias classiques. Si on a éclaté les murs, on a gardé les mêmes fondations. Et me voilà rassurée. Car hier j’ai entendu répéter à plusieurs reprises des mots très doux à mes oreilles de créative  » « Créativité et émotion ». Et incroyable, mais vrai, ils sont sortis tout droit de la bouche de certains grands Annonceurs.. Pince-moi je rêve !

Hugues Pietrini (Orangina), François Banon (Disneyland) et Michael Aidan (Evian), par exemple, nous parlent de grandes idées et de lien émotionnel avec les consommateurs. Et aussi de prise de rique, d’humain, d’exigence créative. « Plus les médias se fragmentent et plus il faut être créatif« .

Quand je pense au mal qu’on s’est donné pendant des années pour les Annonceurs à pousser à couper les chaînes des idées ! Et pour les convaincre que l’émotion est bien plus forte que la raison.

Béni soit le numérique qui a éclairé leur chemin et les a rendus plus ouverts, plus courageux, plus intelligents.

Raphaël De Andreis en rajoute une couche, très finement. En montrant Apple, Karl Lagerfeld, Stark, et en posant juste une question : « La créativité fait-elle vendre ? » Qui dit mieux ?

C’est Nicolas Bordas qui nous échauffe en nous rapportant quelques petits bijoux du festival de Cannes. Et en nous faisant la démo que le digital déchaine les neurones et fait fuser les idées. En donnant vie à une super qualité créative, à des nouvelles écritures, à des nouvelles formes d’expressions. Comme l’idée géniale, venue tout droit de Corée, celle qui a gagné le grand prix Media des CannesLions 2011. Faire ses courses dans le métro en attendant le métro. Il fallait y penser ! Cliquer ici

Béni soit le numérique qui a obligé les médias à se réinventer, à se dépasser, à changer de regard. Et qui a poussé la pub à se renouveler. Comme nous dit Nicolas, quand on s’appuie sur l’interactivité et sur les possibilités numériques, le « off » et le « on » n’existent plus. Ils se mêlent, s’allient, se réinventent, font des allés et retours. C’est une fusion d’écrans d’expressions, de langages, de cultures. C’est Disneyland qui fusionne les vrais gens avec la pub. Ou Evian qui fait participer les internautes et déclenche 60 millions de vues sur Youtube.

Et le dernier bijou de la série « Cannes », c’est dans la catégorie Promotion, une catégorie boudée et méprisée par les créatifs depuis toujours. La dernière campagne publicitaire de l’agence TBWA\\Chiat\\Day, « What if you were given a second chance ? » pour la marque Gatorade est une idée géniale. Reconstituer un match mythique 15 ans après, avec les vrais joueurs et les vrais spectateurs, c’est le retour vers le passé qui nous pousse vers l’avenir. Plus les gens participent et plus ils sont engagés. Ils fusionnent avec les marques. Ils deviennent eux même des médias.

La pub a une deuxième chance. Peut-être la France aussi.
Et si on rejouait en 2021 la finale de la coupe du monde France-Italie ?

Le futur de la pub au Press Club

8 heures du matin, il fait froid et je grelotte pendant que j’accélère le pas pour me rendre à l’heure rue Jean Goujon, au Salon du Press Club.

presseclub

J’ai les yeux larmoyants et l’impression qu’un camion m’a roulé sur le dos, mais pour rien au monde je ne raterais ce petit déjeuner-débat. Le sujet est très prometteur et cette invitation tombe pile poil au bon moment.

Le Press Club est un magnifique hôtel particulier, lieu de référence de journalistes et décideurs,

mais ce qui retient mon attention ce n’est ni l’architecture Napoléon III, ni les superbes salles de conférence. Je n’ai des yeux que pour le buffet où, parmi croissants, petits pains au chocolat et d’autres gâteries, trône l’objet de ma convoitise : un bon café brûlant. Je l’avale d’un trait pour me réchauffer. Maudite grippe, ce n’était vraiment pas le moment !

Une centaine de personnes sont déjà assises dans la salle. Carnet et stylo à la main, ils ont les yeux rivés sur la longue table montée sur l’estrade et attendent sagement que les intervenants prennent place. Je parcours la liste des invités : ils représentent des agences de Pub, des Annonceurs, des Médias et des Associations.

Olivier Gibert et Julien Armilhon, les deux organisateurs de ce débat qui a pour titre « QUEL AVENIR POUR LA PUB ? », sont étudiants à la Sorbonne. Ils font partie de la génération qui se soucie des mouvements de société et qui cherche des réponses. Ils sont les premiers à avoir réagi ouvertement aux contestations de la pub en réunissant tout ce beau monde pour comprendre le présent et envisager le futur.

Les invités d’honneur s’installent. Je reconnais Vincent Leclabart, patron depuis plus de vingt ans d’Australie. Belle agence, beaux budgets, bonne création et grosse marge. Ses campagnes, créatives et innovantes, savent renifler les tendances et proposer un point de vue différent. Je lui tire virtuellement mon chapeau.

Pas loin, siègent Pascal Manry, directeur de la création de la J.W.Thompson et Christian Blachas. Si, si, vous le connaissez. Vous l’avez sûrement vu à la TV. Qui ne s’est pas amusé à regarder, au moins une fois, les pub drôles et étonnantes de « Culture Pub » ? Le grand gourou, celui qui a créé et animée l’émission pendant plus de huit ans, c’est lui. Nous, les professionnels, on le connaît surtout pour CB News, l’évangile hebdomadaire du bon publicitaire.

Petit à petit, je mets un nom sur les autres intervenants : Nicolas Arpagian, Membre du conseil d’administration du Press Club de France, Jean-Marc Lech, Coprésident d’Ipsos, spécialiste des sondages et de l’opinion publique et Thomas Guéret, Président du RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire).Tiens, un antipub en chair et en os ! Je m’attarde sur ce dernier. Ça ressemble à quoi le président d’un mouvement antipub ? Thomas Guéret n’a absolument rien d’un rebelle subversif et encore moins d’un excité de la bombe à « taguer ». Derrière ses lunettes qui lui donnent un petit air intello, ses yeux clairs sont doux et paisibles.

Pas loin de « l’opposant » siège Gérard Noël, le tout puissant Vice-Président Directeur Général de l’UDA. Mâchoire volitive et chevelure argentée, il me fait penser à un président américain ou plutôt à un cow-boys de légende. Ça y est, j’ai trouvé, c’est John Wayne, version costard-cravatte. Cette idée me rassure : John Wayne a incarné le héro sans peurs ni reproches ou le pionnier courageux. Le courage et l’esprit visionnaire des pionniers c’est tout à fait ce qu’il faut pour comprendre et adhérer au JSP.

Je continue mon travelling pour m’arrêter sur la seule femme de l’assemblée : Marie-Jeanne Husset, Directrice de la Rédaction de 60 millions de Consommateurs. Elle a un regard honnête et ouvert qui me plaît bien.

Le débat commence. Tout d’abord le constat : La publicité est en crise. Le consommateur a quitté sa condition de réceptacle béat et béant et pose un regard plus aiguisé, plus méfiant sur la pub…

Les intervenants cherchent les raisons de cette méfiance, ils évoquent les nombreux scandales d’entreprises, le poids d’une société d’hyper consommation et la forte médiatisation des mouvements de contestation antipub. Thomas Gueret en profite pour soulever le problème des panneaux illégaux.

Puis les commentaires s’enchaînent, les intervenants prennent la parole les uns après les autres, avec l’aisance des gens habitués aux conférences. On aborde l’attitude des Annonceurs qui, devenus prudents, n’osent plus se lancer dans des voies créatives audacieuses. Ce manque de transgression conduit à la régression. On aborde l’évolution et l’individualisation des jeunes générations élevées aux jeux vidéos et tournées vers Internet. On parle de l’intrusion du discours publicitaire dans tous les milieux de la vie. On découvre « les moi multiples », on apprend que « ménage » ne se décline plus qu’au pluriel et qu’infidélité ne rime plus avec culpabilisation.

Tout le monde s’exprime, prononce des jolies phrases, fait des remarques intelligentes, défend son « fief » et analyse aisément la situation. Ensuite c’est au public de poser des questions. Un Annonceur pense que la communication a un besoin vitale d’un cadre clair et se demande s’il ne faut pas mettre en place une auto-réglementation. Le registre « responsable » revient plusieurs fois. On se demande s’il faut limiter la quantité et on parle des actions des antipub qui ont traumatisé les médias affichage.

Comment regagner une confiance perdue ? Quelle sera la publicité du XXIe siècle ?

On constate, on débat, on disserte, on réfléchit, on se pose les bonnes questions, mais on ne propose aucune solution. Si le bilan final confirme que je suis dans le vrai, la conclusion me laisse sur ma faim. C’est bien tout ça, et maintenant, on fait quoi ?

Avant de partir, je me fraye un passage pour approcher Christian Blachas qui, visiblement pressé, essaye d’enfiler son manteau pour s’échapper du groupe de fans qui l’encerclent. Il y a un an, je lui avais envoyé mon bouquin qui était encore en gestation. Il avait eu des réflexions très pointues et m’avait donné des conseils avertis. Il y a deux semaines, je lui ai fait parvenir mon projet JSP, mais je n’ai pas eu de retour. Je le poursuis jusqu’à la porte pour le relancer. Mais il me précède, en me lançant rapidement : « Caroline de Bodinat, une journaliste de CB, vous contactera pour un portrait. » Qui ? C’est quoi un portrait ? Pourquoi ? J’avale les questions que je n’ai pas eu le temps de lui poser. Il est déjà parti, plus vite que le vent.

J’approche Thomas Gueret. L’avis d’un antipub m’intéresse beaucoup. Ma démarche l’étonne, mais il n’a la moindre hésitation. Il griffonne ses coordonnés sur un papier. Malgré son emploi du temps très chargé, il va trouver un créneau pour me rencontrer. Qui a dit que les antipub ne sont pas ouverts au dialogue ?

Puis, je vais à la rencontre de Vincent Leclabart. C’est lui qui a lancé l’enquête «Publicité et Société», celle qui a fait trembler le monde de la pub. Il peut comprendre ma démarche et me donner des conseils utiles pour faire évoluer mon projet. Son accueil est amical. Ce monsieur m’intrigue de plus en plus. Comment a-t-il pu monter si haut ? Il me semble droit, modeste et il n’a rien d’un requin. Es-ce que, dans notre profession, l’intégrité et le talent seraient payants? Il me demande de lui envoyer le dossier et me tend une feuille avec sa photo et ses coordonnés. Je manque de lui demander un authographe.

Je rejoins enfin M. Noël, l’homme clef de l’UDA, l’association sans quoi rien ne se fera. Le Jour Sans Pub le fait sursauter. Il doit sûrement me prendre pour un antipub. Il me dévisage avec méfiance, mais il finit par me donner ses coordonnés.

Je voudrais aussi parler à Jean-Marc Lech et Marie-Jeanne Husset, mais c’est trop tard. Les gens se dispersent rapidement, appelés à leurs fonctions habituelles.

Si ce débat ne m’a pas apporté de véritables réponses, j’ai eu des contacts intéressants. Des gens qui réflechissent aux attentes de la société ne pourront que m’aider à améliorer le JSP et à aller plus loin.

En partant, je pense aux deux phrases qui m’ont frappé. Celle de Marie-Jeanne Husset que je trouve parfaitement en harmonie avec mon projet.

Si dans une démocratie le premier mot appartient au citoyen, dans une économie de marché, le dernier mot revient au consommateur

Et celle de Vincent Leclabart : La publicité, comme la société, est en crise. Mais il faut prendre crise au sens de changement.

Dois-je en déduire que quelque chose va enfin bouger et qu’on prépare enfin le futur de la pub ? Parce que, comme dit un vieux proverbe français : Mieux vaut agir que discourir. Et comme dirait ma mère  » Mieux vaut rester couchée que sortir ». Elle fait référence à ma grippe, évidemment.

POST-IT : Bonne nouvelle ! Un Annonceur c’est promené dans notre blogosphère, a été emballé par le projet et voudrait y participer. Vous voyez, les Annonceurs visionnaires, courageux, généreux et ouverts au dialogue, oui, ça existe !