Avec Marks & Spencer, les femmes disent non

Contre toute attente, la nouvelle campagne institutionnelle de Marks & Spencer tient un discours engagé.

Encore un coup des Anglais ! Un 60 secondes sorti mercredi au Royaume-Uni et sur la toile martèle le mot le plus exécré par les annonceurs : NON. Dans l’ambiance survoltée des élections présidentielles françaises, et alors qu’elle met elle-même en place son Brexit, l’Angleterre nous envoie une petite bouffée d’insoumission.

En France, on a toujours adoré les petits sandwiches au concombre de l’enseigne britannique, mais on l’a souvent vue comme une vieille dame habillée en total look rose dragée. Tournant stratégique radical, la femme Marks & Spencer est désormais une rebelle qui ne s’en laisse pas compter.

Conçue à l’issu de recherches approfondies auprès des consommateurs, la campagne est d’abord le fruit d’un choix de management, mais aussi d’un changement d’agence. Après 16 ans de fidélité et peut-être d’endormissement auprès de la même agence, Marks & Spencer a finalement choisi Grey London. Ou plutôt Valenstein & Fatt, c’est pareil : rappelez-vous, l’hiver dernier, pour sensibiliser contre l’antisémitisme, l’agence de Londres avait choisi de reprendre pendant 100 jours le nom d’origine de Grey, Valenstein & Fatt, ses deux fondateurs.

Pour la première fois dans l’histoire très longue de la communication du grand magasin londonien, une même signature chapeaute la nourriture et la mode. Dans un double sens dont la langue anglaise seule a les secrets, ‘Spend it well’ renvoie à la fois à la vie – « Life is short. Spend it well. » – et à la vocation de distribution de Marks & Spencer, avec l’idée de bien dépenser son argent.

Enlevé par un remix de l’incontournable Rebel Rebel, le film tient un discours militant. Sur un ton affirmé, la voix de l’actrice Helen McCrory (de la série culte de la BBC Peaky Binders) égrène tout ce dont les femmes ne veulent plus et que Marks & Spencer leur évite : non aux stéréotypes,  non aux diktats de la mode, non aux vêtements qui nuisent à l’environnement, non à la dictature de l’âge, non au portable qui empêche de vivre, non à la mal-bouffe etc… La nouvelle femme Marks & Spencer ne veut plus qu’on lui pourrisse la vie. Mieux, elle demande rien moins que de grimper aux rideaux. Et le manifeste joyeux de « l’empowerment » libère toutes les énergies.

À voir certaines images un peu récup sur les mouvements des femmes, on ne peut s’empêcher de penser au grand ratage Pepsi. Pub et politique font rarement bon ménage. Cependant, le choix créatif d’un film vignette versus le film scénarisé de Pepsi fait tout passer… et pardonner. Du coup, on a vraiment envie d’être la femme « d’un certain âge » qui s’élance du plus haut plongeoir pour tout oser. Pour plagier un vieux slogan pour les jeans Newman, chez Marks & Spencer, « la vie est trop courte pour dépenser triste ».

Credits

Client : Marks & Spencer, Patrick Bousquet-Chavannes
Agence : Grey London AKA Valenstein & Fatt
Directeurs de création : Vicki Maguire, Danielle Noël, Thom Whitaker
Planning stratégique :  Matt Tanter, Jonny Ng, Natasha Sales, Mathieu Abet
Production: Riff Raff Films
Réalisateur : François Rousselet
Arrangement musical : Luis Almau
Narratrice : Helen McCrory

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« Pass the Heinz », la nouvelle campagne de David Miami et… Don Draper

Merci Olivia Van Hoegaerden, une des plumes du Jour sans Pub, pour avoir repéré cette pub où la réalité se mêle à la fiction. Un coup de pub en or de l’agence David de Miami, une agence du groupe Ogilvy & Mather créée pour les 100 ans de la naissance de David Ogilvy. Annoncé cette semaine par Adweek, la prochaine campagne Heinz est signée… Don Draper! C’est en effet mot pour mot et image pour image, la campagne présentée par l’agence Sterling Cooper dans la 6ème saison de Mad Men devant des exécutifs de Heinz médusés.  « Let me chew on this » commente l’un d’eux.  

Il aura fallu 50 ans fictionnellement, et 4 ans depuis la diffusion de cette épisode pour qu’Heinz digère, mais cette fois ci, Don Draper, et son génial créateur et auteur Matthew Weiner ont gagné le budget. Ce dernier s’était entouré de grands concepteurs-rédacteurs pour écrire Mad Man, et c’est sans doute une des raisons de ce succès planétaire. 

« Pass the Heinz », l’équivalent de « passe moi le sel » : un slogan (on avait encore le droit d’appeler un chat un chat à l’époque) qui montre à quel point le ketchup vit à la table des américains. Concis, familier, catchy, il n’est pas sans rappeler celui de l’une des sagas mythiqes de l’histoire de la pub, celle pour le lait : « Got milk? »
Dans la pub pour le lait, seule une jolie petite moustache blanche sur le visage des plus grandes célébrités trahissait la consommation du lait. Ici, il n’y aura même pas une de ces taches de purée rouge qui finissent immanquablement sur la nappe blanche. Pourquoi montrer le produit alors qu’en Amérique c’est un réflexe pavlovien d’ajouter du ketchup à… tout. Du coup, les stars de la campagne Heinz ne viennent ni d’Hollywood ni du Madison Square Garden, mais du Diner du coin de la rue ou de la cuisine de la famille John Doe. 

La stratégie néanmoins peut surprendre. La campagne joue le ressort du nom de marque devenu nom générique d’un produit de consommation courante. Mais si Heinz est le Kleenex du ketchup, n’est-ce pas préjudiciable pour toutes ses autres sauces? La réponse appartient aux spécialistes de l’alimentaire dont je ne fais pas partie du tout. Mais il est fort à parier que, derrière cette campagne créative et provocatrice, une bataille sans merci pour la suprématie du leader du ketchup fait rage.
À moins que la campagne, une fois encore, ne soit qu’un coup RP et digital alors que se profile l’anniversaire des 10 ans (déjà?) de la première diffusion de Mad Men.

Pour la petite histoire, Heinz est de ces géants américains qui entretiennent des liens très étroits avec la politique. Teresa Heinz, veuve de l’héritier Heinz, n’est autre que Mme John Kerry. Toute milliardaire soit-elle, je doute qu’une campagne aussi stratégique que celle-ci puisse sortir sans l’accord du conseil d’administration. Elle fait donc ici preuve d’une vraie audace créative. Dommage qu’elle n’ait pas engagé Sterling Cooper (ou David Miami) pour faire la campagne de son mari contre Bush en 2004!

Chaine danoise TV2 : au nom de tout ce qui ne nous sépare pas

Vous souvenez-vous de cette chanson des colonies de vacances des annés 70 : « petites boîtes, jolies boîtes, toutes pareilles »? Pas vraiment un hit pour les Millenials… et pourtant un sujet brûlant de modernité.

Le monde, la politique, la société, la démographie, la religion… tout tend à nous enfermer dans ces petites boîtes. En ligne, on doit appartenir à plein de communautés pour avoir plein de « likes » et être invités à plein d' »events ». Il y a aussi les Community Managers qui font la police aux frontières de la boîte. Les communautés sont de l’or en barre pour la big data qui peut facilement croiser les données et faire son petit dossier sur chacun de nous. Bref, les petites boîtes, c’est le progrès.

Tout ceci serait somme toute acceptable si ces petites boîtes ne créaient un communautarisme dont on vit les dangers au quotidien.
Pour faire voler en éclat ces classifications péremptoires, la chaine danoise de télé TV2 n’a pas hésité à démontrer une évidence : quand on dépasse les clichés et qu’on aborde des questions plus personnelles et émotionnelles, on a des points communs avec ceux auxquels on ne ressemble pas.

Parfaitement théâtralisée, une simple scène avec des petites rectangles blancs au sol dans lesquels chaque groupe vient tranquillement se rassembler. Puis, des questions qui font que, les uns après les autres, les individus se détachent de leur groupe pour rejoindre ceux avec lesquels ils partagent un souvenir, une émotion, une envie.

Simplicité mordante de l’idée, rédaction irréprochable, direction artistique efficace, message clair: l’exercice publicitaire est irréprochable. Il exprime clairement une chaîne de télé assez universelle pour rendre compte avec bienveillance de toutes les différences. La signature est d’une efficacité redoutable : « All That We Share »– »tout ce que nous avons en commun ».

C’est au hasard d’un post sur Facebook que j’ai trouvé cette pépite. Impossible de mettre la main sur le nom de l’agence et des créatifs, mais il est fort à parier qu’on en entendra parler, car cette vidéo de 3 minutes ressemble beaucoup à un Lion avant les Lions. Alors, faute de pouvoir vous nommer, bravo les Danois!

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La vérité est un dur métier, mais c’est celui du New York Times


  La cérémonie des Oscars est bien plus que la plus grande fête du cinéma. C’est l’occasion pour la très libérale Hollywood de prendre la parole sur tous les sujets qui font mal. De Marlon Brando qui, en 1973, avait envoyé une Indienne à sa place pour recevoir son Oscar pour « Le Parrain » à Michael Moore dénonçant George W Bush et la guerre en Irak, les Oscars sont une plateforme mondiale pour les activistes les plus talentueux de la planète. Meryl Streep et son brûlot anti-Trump aux Golden Globe Awards en Janvier dernier a donné le ton d’une cérémonie des Oscars 2017 résolument militante.

Stratégie gagnante donc pour le New York Times qui a choisi la soirée de remise des Oscars pour marquer son retour sur le petit écran. Contrairement aux films précédents, il ne s’agit pas d’un film commercial pour attirer plus d’abonnés, mais bien d’un film institutionnel sur le corps de son métier : la vérité.

 

 

Cette animation typo se fait l’écho de l’intense focus sur les médias aux Etats-Unis : à la veille du traditionnel « White House Press Dinner » qui sera, pour la première fois dans l’histoire, boycotté par le président américain, le New York Times se met au coeur du conflit ouvert entre Donald Trump et les médias. Suivi de près par le Washington Post, les chaînes nationales comme NBC et CNN, le quotidien américain le plus universellement admiré du public et de ses pairs est aujourd’hui la cible de toutes les attaques de la Maison Blanche.

 

L’angle choisi par l’agence Droga 5 est le plus simple et, dans le contexte actuel, le plus polémique possible : qu’est-ce que la vérité ? Qu’est-ce que le mensonge ? De simples phrases courtes et cinglantes. Accumulées. Contradictoires. Avec, de façon évidente, 2 points de vues opposés qui se télescopent et des sujets criants d’actualité : l’immigration, le droit des femmes, la Russie, l’Obamacare, l’emploi… y compris les « alternative facts » (les faits alternatifs), une vision forcément Trumpeuse de la vérité. Le brouhaha et la confusion vont crescendo.

Les fondements même du journalisme sont ici en jeu. Avec un président qui ment effrontément, y compris par ignorance, évoquer la vérité et prendre son parti est, pour le New York Times, une façon d’écrire un manifeste anti-gouvernemental.

Avec un peu de cynisme, on peut se dire que ce film n’aura pas besoin de beaucoup de budget media pour augmenter l’audience du NYT. Avant même la cérémonie des Oscars, les médias sociaux s’en emparent à bras le corps. Dès l’aube, le grand accélérateur de com. en ligne qu’est Donald Trump y est lui-même allé de son twitter. « Pour la première fois, le @nytimes en déroute va faire une pub (mauvaise) pour essayer de sauver sa réputation défaillante. Essayez plutôt de donner des infos précises et équitables !  » écrit-il.

La vérité est que plus Trump essaie de contrer les journaux et les chaînes, plus il fait monter leurs audiences. La vérité aussi, c’est qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne crise politique majeure pour vendre du papier.

Vive les Grammys de la pub !

Les Grammys de la pub, ça vous parle ?

Je l’avoue, j’ai fait l’impasse sur le Super Ball, et ça la fout mal quand on est la seule plume américaine du « Jour sans pub ». Mais ça ne vous a sans doute pas empêché de voir le film BUDWEISER sur les fondateurs immigrants… Et bla bla bla, et prêchi prêcha.

Pour me rattraper, dimanche soir, j’ai regardé les Grammy Awards. Et je me suis tout se suite sentie plus à l’aise (et dans la cible). Au milieu des pubs mortelles pour les assurances et les cucuteries de la Saint-Valentin, surprise : de beaux films, de vraies idées et, bien sûr, de sacrées bandes-son (rappelons aux lecteurs distraits que les Grammys sont à la musique ce que les Oscars sont au cinéma). Comme d’habitude, je n’ai pas reçu de dossier de presse. Je m’excuse donc par avance pour les infos incomplètes. Mais je ne résiste pas au plaisir… de vous faire plaisir. Voici donc une petite sélection tout à fait subjective. Ce sera mon seul article de l’année en forme de coeur. <3

De tous les spots, celui-ci de DROGA 5 pour le nouveau téléphone PIXEL de GOOGLE était le plus touchant. En particulier pour les fans de Prince, auteur du fameux (et unique?) tube de Sinead O’Connor « Nothing compares to you ». Il est ici repris par des chanteurs anonymes et l’ensemble constitue un hommage du public au chanteur disparu. « Tributes by you » a été broadcasté juste après l’hommage (brillant) de Bruno Mars à Prince. Pour ceux qui se posent la question, l’oeuvre de Bowie avait déjà été célébrée aux Grammys 2016, car il nous avait quittés en Janvier. En revanche, Léonard Cohen, lui, n’a eu droit qu’à l’ouverture du passage « In memoriam »… Grrrrr!

La musique, le chanteur, le talent… et la bagnole! Le bluesman, jazzman, chanteur hip-hop Gary Clark Jr. arrive au Carnegie Hall au volant de sa LINCOLN CONTINENTAL. Jusque là, tout va bien. Mais quand il commence sa jam session, on s’aperçoit que tout son matos ressemble aux détails de sa bagnole. C’est plutôt malin pour parler des sensations que procure une voiture de luxe. En plus, ça change de l’image du bluesman camé et en guenilles dans un pickup pourri. La musique, ça rapporte! Ce film est le résultat d’une véritable collaboration entre LINCOLN et la marque d’équipement audio REVEL. Celle-ci fait l’objet de tout un documentaire à découvrir en ligne. Une belle idée orchestrée par l’agence HUDSON ROUGE.

Quand on ajoute la danse au duo bagnole-musique, je me sens prête à reprendre des cours de conduite. Dimanche, j’ai découvert avec bonheur « Man and Machine », un film LEXUS LC 500 qui avait déjà été presenté pendant le Super Ball. Je peux me le passer en boucle tant il est graphique, élégant, intelligent. La chanson « Move your body » est de Sia. Le Danseur s’appelle Lil Buck. On le retrouve dans le film suivant.

La danse libre et hip hop de Lil Buck dans les rues de la ville est une jolie démonstration de la liberté de mouvement qu’offrent les APPLE AIR PODS de l’iPhone 7. Pour l’anecdote, la chanson, « Down » de Marian Hill, est en passe de devenir un hit alors qu’elle était totalement inconnue auparavant.

La danse, voire la comédie musicale était décidément à l’honneur cette année. Mandy Moore de « La la land » a choréographié le dernier film TARGET réalisé par l’excellent Roman Coppola pour MOTHER.  On a toujours besoin d’un film TARGET pour se laver les yeux des horreurs de la pub prime time. Mais là, c’est carrément 3 minutes de délire choréo-graphique dans les rayons du supermarché. On y retrouve la chanteuse Carly Rae Jepsen (« Call me may be ») et l’artiste hip-hop Lil Yachty pour le lancement de leur cover du classique « It takes two ». C’est propre, frais, attrayant comme toutes les pubs TARGET… et ça vend aussi des crackers Ritz.

J’ose à peine commenter le film ADIDAS ORIGINAL tellement je le trouve puissant. Et la signature de cette campagne est magique : « Original is never finished. » Pour ceux qui ne les auraient pas reconnus, Snoop Dogg, Desiigner, Kareem Abdul-Jabbar font partie du casting. Le choix de « My way » de Sinatra (et originellement de Cloclo!) est d’une ironie troublante car c’est le slow sur lequel, en Janvier dernier, le nouveau couple présidentiel a ouvert le bal. Vous noterez que j’évite un nom depuis le début… Ras le bol de lui faire de la pub à celui-là!

Autant ADIDAS fait un sans faute, autant le nouveau NIKE « EQUALITY » bien trop dogmatique et bien moins révolutionnaire. 90 secondes de discours sur l’égalité raciale avec une liste de stars à la NIKE : LeBron James, Serena Williams, Kevin Durant, Megan Rapinoe, Dalilah Muhammad et Gabby Douglas; bref les meilleurs et les plus chers bu box-office. La voix-off est assurée par l’acteur Michael B. Jordan qui tient le rôle principal dans le premier film dont le super-héros est noir, « Black Panther » (sortie 2018). C’est Alicia Keys qui chante « A Change is Gonna Come » de Sam Cooke. La réalisatrice, Melina Matsoukas, a notamment dirigé la vidéo « Formation » de Beyoncé pour laquelle elle a reçu un Grammy Award.
Bref, une $$$$$ production parfaitement léchée de WIEDEN & KENNEDY et une réponse cinglante au patron d’UNDER ARMOUR qui a pris fait et cause pour l’innommable. Mais, les bons sentiments qui vendent des sneakers, ça pue toujours un peu… et surtout des pieds!

Politique encore, mais plus par le jeu de langue que par le discours : JOHNNY WALKER « keeps on walking » en chantant. Mais l’iconique “This Land Is Your Land” de Woody Guthrie prend une toute autre dimension quand l’homme qui marche et chante est le leader du groupe Chicano Batman : les paroles passent de l’anglais à l’espagnol; « Esta Terra es Tuya » résonne bien différemment. Du coup, on recommence à prêter à nouveau l’oreille aux paroles. Et on retrouve ainsi la magie de la musique telle que les Grammy Awards la célèbre : un beau message pour tous.

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Voeux anti-Trump pour Gloryparis et Speakwell

Les français sont incorrigibles : toujours en retard pour les voeux! Comme si souhaiter une bonne année avant le 31 Décembre foutait la guigne. À moins que ça ne perturbe le mélange détonant « préparatifs des fêtes + charrettes de fin d’année ». Bref, sachez-le, on passe pour des mal polis dans beaucoup de pays qui envoient leurs cartes avant Noël.

Logo_SaveAnAmericaJanvier 2017, c’est néanmoins le moment le plus opportun pour que l’agence Gloryparis et son partenaire (client?) Speakwell présentent leurs voeux : dès Vendredi, le beau Donald et ses copains Picsou seront à la Maison Blanche, pour le plus grand bonheur de… qui au fait ? En tous cas pas des Américains…

BilletsParce que Speakwell est une agence linguistique qui propose des stages de langue aux professionnels, Gloryparis a conçu une vidéo de voeux qui propose aux Francophones d’apprendre l’anglais pour pouvoir accueillir un Américain en exil chez eux.

Pied de nez aux mouvements multiples et variés qui font appel à la généreuse hospitalité de bons samaritains, des baleines de Bardot aux chiens perdus sans collier de la SPA et à la crise des migrants, ces voeux iconoclastes proposent de « Sauver un Américain ». Il faut dire que l’annonce de l’élection de Trump a été suivie aux US d’une explosion du nombre de demandes d’immigration vers le Canada. Surtout, et c’est assez rare pour être noté, les manifestations en marge de l’investiture du nouveau président sont très véhémentes dans ce pays où le vote démocratique est peu, voire jamais, contesté.

Courbe_ImmigrationBien vu donc, ces voeux qui soulignent l’ignorance crasse des Français en manière de langue étrangère. Je suis sure que ça va faire grincer quelques dents, car il ne fait pas bon détourner le langage des problèmes politiques majeurs comme celui des migrants, mais il faut bien le reconnaitre : si j’arrivais à la nage depuis Cape Cod pour m’échouer vers le Bar de la Mer à Deauville, vous me logeriez plutôt au Normandy que dans la jungle de Calais, non? Alors, en 2017, « Learn English and Save Bibiche. »

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« Le baiser du Bataclan », l’amour plus fort que la haine?

screen-shot-2016-11-12-at-11-16-58Pour une fois, je ne vais pas me poser en critique, bienveillant ou malveillant, d’une pub ou d’une idée. En clôture d’une semaine où, toute fière d’avoir voté pour la première fois aux Etats-Unis, la réalité tangible de la haine m’est revenue en boomerang, l’anniversaire insupportable de la nuit d’attentats du 13 Novembre 2015 à Paris me rappelle, et nous rappelle à tous, en France, aux US et partout dans le monde, que pour conserver les droits qu’on croyait inaliénables, il va falloir qu’on fasse notre devoir – un devoir de mémoire, d’humilité et surtout et avant tout de résistance.

« Le Baiser du Bataclan » est la réponse des rescapés du massacre du 13 Novembre à leurs assassins. Dans cette vidéo réalisée par Ismaël Mounin et produite par une équipe de bénévoles, des rescapés retrouvent ceux qui ont été là pour eux ce soir là et au delà, de la femme flic à la survivante de l’attentat de 1983 au Grand Véfour qui a subi 78 opérations.

screen-shot-2016-11-12-at-11-16-27Ce film est courageux parce qu’il parle d’amour, dénouant les bandages de tous ces maux pour finir en baiser, afin de « SUR-vivre ». Trop esthétisant diront certains? Je répondrai par une autre question : pourquoi être aussi laid que le monde? Naïf diront d’autres? Tout comme le mouvement « Love Trumps Hate » aux Etats-Unis? Et si c’était simplement l’humain contre la barbarie?

screen-shot-2016-11-12-at-11-15-59Pour finir, il convient aussi de citer deux ouvrages, deux témoignages que nous nous devons tous d’admirer parce que nécessaires pour leurs auteurs, rescapés eux aussi, l’un du Bataclan, l’autre de la Belle Equipe, au coin de ma rue à Paris : « Une belle équipe » de Grégory Reibenberg et la BD « Mon Bataclan » de Fred Dewilde.


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C’est à ce dernier qu’appartient la phrase de conclusion : “Nous sommes des êtres humains en reconstruction.”

Nocibé libère la beauté avec La Chose

sourire_nocibe_03Les produits de beauté, c’est mieux quand on peut les essayer, se tromper, réessayer… En un mot, l’expérience boutique reste incontournable. Avec un positionnement prix, service et choix adapté à toutes les humeurs et tous les portefeuilles – du Vuitton au Hello Kitty – Nocibé figure parmi les leaders de la distribution sélective de parfums et cosmétiques français. L’air de rien, loin de l’image de leader international de Sephora – je dis bien image, car je n’ai pas les chiffres – le groupe né à Lille en 1984 compte aujourd’hui plus de 600 points de vente, 460 instituts, 4 000 collaborateurs et affiche un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros. En direct de la Big Apple, j’avoue ne pas avoir visité une boutique depuis bien longtemps, mais avec des résultats pareils, il faut croire que Nocibé a trouvé son audience!

La nouvelle campagne imaginée par La Chose illustre bien ce qui se passe chez Nocibé, et en toute simplicité et bonne humeur : 3 nouveaux films qui sortent le jour de la fête du sourire, le 7 Octobre. Des 15″ bien rythmés, enjoués, qui rappellent le plaisir bien féminin de s’offrir ou d’offrir un parfum, un vernis, un nouveau rouge à lèvres. Quoique grandiloquente dans cette apparente légèreté, la signature « la beauté libérée » ressemble à un vrai slogan dans un univers qui en est peu friand. De la pub pub, c’est assez rare pour être remarqué dans le secteur de la beauté qui préfère souvent le look éditorial.

Le look justement, parlons-en. Le message de la variété et du choix est bien compris, ainsi que le positionnement franchement masstige du distributeur. Mais les dizaines de palettes (de maquillage) et le packshot/collage sur fond de flacon de Nº5 étaient-ils bien venus? Le plaisir de la beauté est quand même moins quantitaif que ça… même si j’ai bien retenu le prix des vernis et que j’irai faire une razzia à mon prochain passage en France.




 NOCIBÉ Président : Pierre Aoun
 Directeur Marketing : Alain Bizeul
 Directrice Image et Média : Anne Cabin Saint Marcel
 AGENCE : LA CHOSE
 Président & directeur de la création : Pascal Grégoire
 Directrice de création : Inès Marzat
 Conceptrice-rédactrice : Sarah Helleux
 Directrices artistiques : Camille Talmont, Alice Kerriou, Julia Machabert
 Responsable TV-Prod : Laura Sacarrère
 Planning stratégique : Céline Bonnefond
 Responsables du compte : Florence Couvidat, Camille Piget, Valentin Loredo, François Gaudin
 Directrice de la communication/ PR : Barka Zérouali
 PRODUCTION Réalisateur : Christophe Chudy
 Productrice : Guillemette Brisson
 Prod son : DasDing
 Real son : Etienne de Nanteuil

Isabelle Farrugia sur les sentiers de la Glory

screen-shot-2016-09-18-at-18-07-54Isabelle Farrugia est une célébrité. Pas le Nul, pas le make-up artist, I-sa-bel-le. Au moins pour moi et pour les centaines de publicitaires, journalistes et bloggers qu’elle a charmés avec son rire communicatif en 20+ années de carrière dans la com… « 20+ », c’est l’euphémisme  à la mode pour dire qu’on a (beaucoup) de bouteille dans ces métiers de djeunes.

Au moment où l’ancien DC Bertrand Suchet fait une pleine page dans Libé avec la reprise d’une auberge restaurant dans le Doubs, la reconversion des publicitaires reste un sujet qui fascine. Perso, je suis preneur pour toutes les idées en dehors de prof, traductrice et femme de ménage. Pour « la femme de Dominique », changer de métier, c’est assumer son obsession : les sacs. Avec sa marque éponyme, elle nous propose des modèles en python franchement cools, joyeux et haut-de-gamme. Mais je ne suis pas là pour faire ses RP : les RP, c’est son métier d’origine et elle fait ça très bien sans moi.

14358841_10153800481161516_2200864117467626818_nEn fait, je me serais contentée de liker sa page et de rêver de ses pochettes hautes en couleur si elle ne s’était pas intelligemment offert les services de la petite agence qui monte qui monte vers les sommets, Gloryparis.

Depuis le lancement de la marque, j’avais remarqué le hashtag #bagisthebestmedicine. Naïve, je croyais qu’Isabelle avait trouvé cette pépite toute seule – pourquoi pas? Mais c’était sans compter sur le talent publicitaire de l’agence d’Hugues Pinguet et Arnaud le Bacquer où je précise que je n’ai ni copain ni free en cours. Bien que loin de Paris, j’ai déjà remarqué et écrit sur cette agence qui fait de la pub de pubard certes, mais élégante et jubilatoire… Rafraîchissant, isn’t it?

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Le sac antidépresseur d’Isabelle Farrugia se décline donc façon jambe cassée, bras dans le plâtre ou (mes deux préférés) petite éraflure en python pleine peau. L’exécution est propre, impactante et (je fais confiance aux 20+++ années d’expérience de Catherine Mahé) n’a sans doute pas coûté un bras.

screen-shot-2016-09-18-at-18-06-28La campagne a débuté comme une grande dans les magazines de rentrée et autres “spécial accessoires” à côté des mégabrands de tous poils et peaux. Une campagne qui renoue avec les mots, le concept, l’humour… des recettes que la mode a écarté au profit du copié-collé de la top model/star dont le regard désabusé tend à prouver qu’il est tout naturel de porter un sac à 5 patates.

Bref, puisque #bagisthebestmedicine, on souhaite longue vie à Isabelle Farrugia – la marque – et à sa brillante collaboration avec Gloryparis. Il est fort à parier qu’ensemble ils vont se tracer un joli petit chemin vers la gloire… des prix de la pub.

QUI A FAIT QUOI :

Client : Isabelle Farrugia
Agence : Gloryparis
Directeur de la création : Hugues Pinguet & Arnaud Le Bacquer
Directeur commercial : Alain Couve
Directrice Artistique : Leslie Guillemin 
Photographe : Sascha Heintze 
Styliste : Matthieu Pabiot
Acheteuse d'art : Catherine Mahé
Studio de retouches : Dtouch
Relation Presse : Astrid Garandeau
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Après la convention démocrate, le nouveau visage de la com politique.

07282016_Khizr_Khan_DNC_AP.2e16d0ba.fill-1200x630-c0Le mois de Juillet est peu propice aux nouvelles campagnes créatives, belles et/ou intelligentes. Bref, peu de choses à rapporter dans les colonnes du Jour sans Pub, sinon les distributeurs qui s’éclatent déjà sur leurs annonces « Back to School » et donneraient même le bourdon aux Juillettistes sur la route du retour.
De toutes façons, les seules campagnes de communication fascinantes aux Etats-Unis ces derniers temps ne tournent pas autour de Mc Do, mais de l’autre Donald. Attention! Je ne parle pas des campagnes de pub – affligeantes – ni même de la rhétorique des slogans politiques qui mériteraient une thèse d’état à Paris-Sorbonne. Je ne vous dirai pas qui de Clinton ou Trump a fait le meilleur discours, ou qui de Michelle ou de Barack etc… Je ne commenterai même pas la robe blanche sexy de Melania vs le tailleur pantalon blanc d’Hillary même si j’en meurs d’envie.
De ce mois de GOP à Cleveland il y a 15 jours pour les Républicains et de Convention Démocrate à Philadelphie cette semaine, une intervention restera sans doute comme le symbole de la bataille des présidentielles américaines qui ne fait que commencer. C’était le 28 Juillet, quelques minutes avant que l’ancienne Première Dame des États-Unis entre dans l’histoire comme la première femme à être candidat officiel à la présidence. Si vous n’avez pas vu cette vidéo, je vous laisse en découvrir l’extrait le plus poignant.


Un père, une mère. Un fils héroïque de 27 ans qui a avancé vers un engin suspect et ordonné à ses hommes de rester en retrait, un capitaine de l’armée américaine parmi tant d’autres à avoir sacrifié sa vie en Irak et à avoir été médaillé à titre posthume… ce qui lui fait une plus belle boîte, mais une boîte quand même. La différence est que Humayun Khan est né dans les Émirats Arabes Unis et est musulman, l’un des 11 américains musulmans à avoir péri au combat depuis 9/11. 11 musulmans, certains diront que c’est suspect et que n’est peut-être pas beaucoup. À mes yeux, ce chiffre est, comme pour toutes les autres ethnicités et religions, 11 de trop…capthumayunkhanus-army_rev24095411925L’émotion de son père, sa colère contenue, son geste de tendre à Donald Trump son exemplaire de la Constitution Américaine… Certains pourront voir tout ça comme de la grosse ficelle de base, une manipulation scénarisée par le Parti Démocrate contre le candidat qui voudrait interdire les frontières aux musulmans et même aux ressortissants de pays « compromis » par le terrorisme islamiste comme la France. Néanmoins, à en croire les titres des journaux et les réactions en cascade, je vous le dis franchement, l’émotion, le story-telling authentique, ça marche du feu de Zeus !
Même Donald Trump en a été assez fumasse pour que, du haut de sa phallocratie affichée, celui qui a évoqué « le sang qui sort par tous les trous » d’une journaliste trop persistante s’interroge sur le silence de la mère – une mère qui, on l’apprendra plus tard, ne peut simplement pas évoquer son fils sans sangloter… Khizr Khan, son accent maîtrisé, son doigt accusateur pointé vers « celui qui n’a jamais rien sacrifié » et sa femme en hijab qui contient sa douleur, c’est l’Amérique de la campagne 2016, ses questionnements et ses enjeux.
« Toute ressemblance avec une campagne à venir dans un autre pays serait fortuite… ou pas ». Je vous dis tout ça alors que votre fils à vous a son sorbet au cassis qui lui dégouline sur l’avant-bras et hurle, l’ingrat, refusant catégoriquement d’aller dans l’eau parce qu’il n’aime pas le sable. Pourtant, ce qui se passera le 8 Novembre aux États-Unis aura des répercussions partout… C’est la raison pour laquelle j’ai eu envie de partager cette histoire avec vous comme si vous y étiez, sans d’autre intention politique que celle de montrer un bon coup de com quand j’en vois un. Et peut-être aussi pour annoncer aux copains et copines qui me lisent que je serai Américaine le 12 Août prochain. D’ici là, je dois me taper l’hymne américain par coeur, et ce n’est pas gagné…