Need for Heetch

Need for Heetch

Heetch en fait beaucoup pour la mobilité nocturne des jeunes. La plateforme est une alternative aux taxis et à Uber qui est adaptée à leurs poches percées. Depuis 2013, la start-up met en relation des conducteurs et des usagers qui partagent les frais : les chauffeurs percevraient en moyenne 1850 euros par an (le montant étant plafonné à 6000 euros par an).

Menacée d’être envoyée à la casse, la plateforme Heetch a dévoilé en avant-première sa campagne digitale lors d’un événement au Carreau du Temple.

La soirée #TouchePasAMonHeetch a ainsi réuni plus de 2000 personnes dimanche dernier, soit 1 mois jour pour jour avant la convocation de la start-up devant le tribunal correctionnel pour « complicité d’exercice illégal de la profession de taxi ». L’allusion au « Touche pas à mon pote » du SOS Racisme d’Harlem Désir donne le ton : Heetch veut une mobilisation quasiment politique autour de ses problèmes juridiques.

Si l’événement de dimanche a permis à Heetch de remercier sa communauté, ce fut également l’occasion de découvrir le spot très malin conçu par Buzzman. Dans un subtil mélange de pub et de sensibilisation, l’agence a combiné les discours de personnages politiques les plus populaires (ou du moins les plus visibles). Par ce biais, Heetch veut bien entendu créer le consensus et l’évidence. Comment ? En mixant les discours d’hommes dont le principal métier est de n’être jamais d’accord entre eux !

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L’exercice était périlleux, mais Buzzman a su réconcilier Sarkozy, Valls, Copé ou encore Arlette Laguiller. Et rien de mieux pour apaiser les tensions qu’une cure de jouvence générale ! La chevelure de Brice Hortefeux s’est ainsi vue renaître ; même chose pour celle de Sarko. On se rie allègrement de la course du temps !

« S’ils étaient jeunes, ils se battraient pour Heetch » ! Il y a dans ce cri toute la vigueur de la jeunesse, associée à la nostalgie que l’on peut éprouver face à ces images d’archives. Cette signature a également pour but de balayer nos craintes face à l’ubérisation progressive de tous les secteurs d’activité. Plutôt que de subir cette ubérisation, Heetch semble nous proposer d’aller de l’avant.

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Mais ce discours jeuniste n’est-il pas un peu surfait ? Après tout, avec son actionnariat entièrement français, la plateforme est d’abord une entreprise en recherche de profits… et qui peut s’offrir les services de Buzzman. C’est vrai, on rigole bien avec la version vintage de nos hommes politiques, on utilise Heetch et on ne veut pas qu’une bonne idée comme celle-là disparaisse, mais on peut aussi interroger le véritable enjeu de cette prise de parole. Alors, pommade anti-comparution ou véritable question de société?

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