Humanoïde : victoire à l’arraché pour le papier

Humanoïde : victoire à l’arraché pour le papier

Le papier n’a pas dit son dernier mot.

GloryParis, la nouvelle agence de publicité créée par Hugues Pinguet et Arnaud le Bacquer, déchire 40 000 pages du magazine Humanoïde pour défendre la presse magazine.

unnamed (1)Non, Humanoïde ce n’est pas le prochain film de Ridley Scott. C’est un magazine, dont le premier numéro a paru en Juillet 2014, qui traite des nouvelles technologies.
Un magazine en papier relatant les derniers gossips du numérique ? C’est un paradoxe total ! Tout comme faire le choix de se lancer en kiosque plutôt que sur la toile.
La stratégie d’Humanoïde est complètement disruptive, sa campagne aussi.

Conscient que la presse papier bat de l’aile face aux Internets, l’agence GloryParis, a réalisé une maligne opération afin de re-sensibiliser le public aux joies infinies, physiques et mentales, procurées par le papier. Le plaisir de lire un magazine, c’est une expérience multi-sensorielle : l’odeur du papier, piquante et forte pour du neuf, douce et presque humide pour du vieux. La couleur, variant de l’orange au blanc vif, en passant par du jauni, sont un régal pour les yeux. Enfin, et c’est ce point qu’aborde Humanoïde, un papier est également tangible. Lire un bouquin ou un journal, c’est tenir un objet dans ses mains et se délecter du plaisir incommensurable de tourner les pages grâce à son index et à son pouce. Un délice que tout amateur de lecture a connu dans sa vie !

Arracher une page perturbe l’esthétisme de l’ouvrage dans son ensemble, elle se rie de nous parce qu’elle sait qu’en essayant de l’arracher complètement, on court le risque d’abîmer encore plus l’ouvrage et de compromette complètement notre lecture, ainsi que notre santé mentale. Une page déchirée est un véritable supplice, puisqu’elle vient contrarier l’harmonie de tous ces éléments qui constituent le plaisir sensoriel de la lecture.

En déchirant volontairement une page dans son 3ème exemplaire, GloryParis fait revivre ces mauvais souvenirs à tous ses lecteurs. Pour faire en sorte que les lecteurs ne restent pas totalement interdits face à une page arrachée, le magazine rajoute en bas de la page déchirée, un QR code et une URL qui renvoie à la version web de l’article consacré à la défense de la presse écrite.également une page explicative de cette opération, afin d’en donner la pleine mesure. L’idée est originale et créative et titille directement l’émotionnel. Elle arrachera une certaine nostalgie aux rats de bibliothèque.

La vidéo, beaucoup plus démonstrative, contient également quelques idées symboliques. Le MacBook branché à un livre renvoie, bien évidemment, au réflexe presque instinctif consistant à recharger/synchroniser son portable. Si la batterie de ces engins est souvent la source des préoccupations irritées de leurs utilisateurs, on nous rappelle qu’un bouquin dispose d’une autonomie infinie. La personne tenant son MacBook comme un magazine nous montre que notre rapport à la technologie, ainsi que notre comportement vis à vis de celui-ci, est parfois, voire souvent, ridicule.

Le mur illuminé par l’ordinateur allumé, dans la pénombre de la chambre, fait également penser que la technologie consomme beaucoup d’énergie pour fonctionner, ce qui est également une mauvaise chose pour la planète. Cet engouement vis à vis de la technologie, n’est -il pas au final une manière de troquer un problème contre un autre ?

Enfin, l’image du spam est bien révélatrice de la publicité sur internet en ce moment, qui est infiltrée partout. Popups intempestifs, spams, vidéos se lançant automatiquement, l’utilisation d’internet est souvent parasitée par ces éléments bien plus qu’énervants. Une situation bien différente pour la presse papier, où il suffit de tourner une page pour passer une publicité, et où l’on peut prendre tout notre temps pour la regarder si l’on veut.

S’il peut paraître daté, inutile et encombrant, le papier dispose toutefois d’arguments de taille pour contrer, pour l’instant, le numérique.

Bon coup de pub pour l’agence et l’annonceur. Et un torrent de questions pour le métier : De quoi sera fait l’avenir sans le papier ? Quel sera l’impact de la fin du papier sur nos vies, dans nos métiers ? Que nous réserve le numérique ? Sera-il suffisant pour remplacer une substance faisant partie intégrante de nos vies et à laquelle nous sommes si accoutumés ?

Seul le temps nous le dira. En attendant, pourquoi ne pas profiter de notre amour pour le papier… en se posant avec un bon bouquin ?

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