Vivement l’année prochaine !

Vivement l’année prochaine !

J'ai passé une super année

« J’ai passé une super année. Merci d’y avoir contribué. » Sérieux ?

À mes yeux, 2014 ressemble plutôt à une vieille chanson de Reggiani—non ce n’est pas un nom de pizza -: ) « Les loups sont entrés dans Paris », sauf qu’ils sont aussi entrés dans Créteil, dans Islamabad, en Ukraine, au Nigeria, à Ferguson, chez Sony… et même, il y a quelques jours, dans la voiture de deux flics de New York !

Pourquoi Facebook nous invite t’il à cette rétrospective introspective qui fait fonction de carte de voeux ? Pour nous rappeler que rien de rien ne se perd sur le web ? Ou pour oublier cette année violente, plutôt stupide et souvent barbare ? Et si, comme une copine que je ne citerai pas, on disait plutôt « merde » à tous ceux qui ont contribué à cette piteuse année ?

Pas de politique au Jour sans pub, mais de la com. Et de la création. Alors, quel est le bilan 2014 ? Cette année, le maître mot était « épique ». Et pic et pic et colegram, bourre et bourre et patatras: j’ai eu bien du mal à trouver une campagne qui ait vraiment du souffle. Ou plutôt, c’est toujours un peu les mêmes. À commencer par « Life is a beautiful sport » de BETC pour Lacoste, et son film pour les jeux de Sochi qui ne manque pas d’air (réalisateur Seb Edwards, photographe Jacob Sutton)…

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Et bien sûr, il y a la suite de la toujours sublime, dépaysante et intelligente odyssée Cartier par Bruno Aveilhan, avec, cette fois-ci, tous les préjugés sur le côté poussiéreux de la tradition horlogère qui volent en éclats.

Et à part ça ? Aux Etats-Unis en tous cas, ça se confirme: aux coups d’éclat d’antan ont définitivement succédés les éclatés de -30% en tous genres. Avec une accélération du harcèlement commercial en ligne, grâce aux joies de la programmatique et autres jargonnages et enfumages qui ne sont ni plus ni moins que les nouveaux habits du bon vieux « marketing direct et promotion des ventes » — la punition des créatifs-pas-très-créatifs dans les années 80.

Kim Kardashian-Hollywood

Les scores, les performances, les chiffres… Voilà de quoi 2014 a surtout été fait. Je ne vais pas faire du copié-collé de vos sources d’infos préférées, mais un chiffre explique l’impatience que beaucoup d’entre nous éprouvent à l’idée de passer à autre chose: le nouveau jeu en ligne de Kim Kardashian — »Kim Kardashian: Hollywood »— a généré environ $200 millions de revenus en 2014 ! Parce qu’en plus d’être à l’effigie de la grande KK, ce jeu fait payer des privilèges royaux, comme celui, ultime, de pénétrer dans la salle de bains de la star du grand rien du tout. Quand on sait qu’aux USA « bathroom » est souvent utilisé comme un euphémisme poli pour parler des toilettes…

b89c23a851cb0e530a548392984d3127Donc, pour clore définitivement cette année à oublier, une pensée émue pour le très sophistiqué Pierre Balmain qui, après Hubert de Givenchy, doit faire des bonds dans sa tombe: inaugurée par la naissance du bébé-boussole North West, 2014 est officiellement considérée comme l’année Kimye, et finit en apothéose avec la sortie d’une campagne Balmain mettant en scène le couple le plus suivi sur Instagram pendant cette année super, super (photo: Mario Sorrenti)…

Happy New Year à nous tous (ou presque) !

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