Freelances, soyez parano

Freelances, soyez parano

Vous êtes freelances ? Attention, attention ! Les chasseurs de traces ont remplacé les chasseurs de têtes.

Saviez-vous que votre ADN numérique est sur le Net et que les agences et les annonceurs l’analysent avant de vous confier une mission ?

Vous êtes DA, rédac, graphiste, planneur, illustrateur, pigiste, photographe, réalisateur … et vous proposez vos talents ou votre jus de cerveau aux agences et aux annonceurs. Ou vous répondez à une demande de mission. Eh bien, pendant que vous vous renseignez sur l’entreprise, elle se renseigne sur vous.

Oui, vos prospects sont de plus en plus accros aux réseaux sociaux et, en quelques clics, ils sont au courant de vos goûts, de votre personnalité, de votre entourage, de vos habitudes, de vos penchants… J’en avais déjà entendu parler, comme tout le monde, mais là c’est Fadhila Brahimi, le super coach-stratégique, spécialiste du personal branding qui l’a certifié lors d’une conférence. Ca donne à réfléchir.

Perso, je ne me fais pas de souci. Je suis un ange. Je ne me soule pas, je ne me drogue pas, je ne dis pas de mal de mon ancien employeur (normal, c’était moi) bref, la perfection au féminin, n’est-ce pas ? (vous voyez, je commence déjà à soigner mon image virtuelle), mais vous ? D’accord, votre self-présentation très pro sur Linkedin, Viadéo ou votre site-vitrine vous donne une image irréprochable. Mais le reste ?

Avez-vous oublié la petite phrase débile sur le blog de votre cousin ou votre photo sur Facebook pendant cette soirée bien arrosée ? Et quand vous avez avoué que… Pas trop fiers, là, non ? Et cette petite formule au vitriol à destination de votre ancien employeur qui vous empêchera à plus jamais d’en trouver un futur ? Sans compter la phrase un peu hard envoyé au gros singe qui a dragué votre copain/copine toute la soirée.

Vous les avez virés ? Pas eux. Pas la peine de se précipiter sur Google pour taper votre nom et voir les traînées que vous avez laissées. Ce n’est pas uniquement là que ça se passe. Pour le moment l’espion préféré des recruteurs c’est 123 people, un moteur de recherche de personnes capable d’identifier et de centraliser toutes les informations publiques disponibles sur une personne sur le web français. Aux USA c’est même la première source d’info sur Internet. Ce sale rapporteur utilise des nouveaux outils qui vont synthétiser et classer tout ce qui vous concerne pour représenter vos sphères d’appartenance. En gros, il met bout à bout les petites traces de vous-même que vous avez laissés en passant et qui forment vos gènes pour vous définir plus précisément.

Ici, vos employeurs vont tout savoir sur vos goûts. Big Brother vous a suivi à la trace. Même votre pseudo est traçable. Et pour mieux cerner votre personnalité, il a retenu aussi vos achats sur la toile ou vos contributions à un Hub ou à un Forum. Et même sur ce site où vous commentiez un film, un livre, un restaurant… Votre vie privé n’a plus de secrets. Et si vous avez oublié, lui a une mémoire d’éléphant. Et chaque brin de vous est bien resté collé sur la toile

Sur 123 people on peut trouver votre biographie-actualité, vos photos-vidéo, les liens sur les sites et les blogs qui parlent de vous et même votre adresse-téléphone si vous l’avez donné, un jour jusqu’aux documents Word/PDF contenant votre nom. Bref, c’est vous, en mots et en images, dans les univers dans lesquels vous évoluez. Vous ou bien pire ! Votre homonyme. Qui pourrait être un psychopathe récidive. Les machines ne font pas la différence. Et voilà comme votre e-réputation peut en prendre un coup.

Alors, à partir de maintenant, n’oubliez pas que si vous êtes suivi à la trace. Doublez votre paranoïa en sachant que le pire est à venir car bientôt, sur le Web, on aura droit à une analyse sémiotique qui dira tout sur nous du point de vue émotionnel. Et, en plus de nos gestes et faits, on pourra sonder notre âme.

Pensez-vous que pour éviter le traumatisme, on sera tous obligés de faire une e-psychothérapie ?

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13 réflexions au sujet de “Freelances, soyez parano

  1. Effectivement, ça fout les jetons ! Il est vrai que je réfléchis à deux fois avant de participer a des forums sur Viadéo par exemple, mais je crois que je vais également regarder mon mur Facebook d’un autre oeil maintenant… Merci pour le tuyau !

  2. Ca y est !!! car depuis peu un site encore plus dingue vient de voir le jour: http://www.webmii.com/ tapez votre nom et calculer votre people Rank,indice de popularité (perso j’ai 5/10 et vous?) mieux il aspire les docs sur lesquelles vous vous êtes exprimés (blog, sites, PDF…) et dont vous n’avez plus conscience…Outch ! Gare aux casseroles qui ressurgissent tapés par des
    « friends » curieux, ou des clients,des annonceurs et j’en passe…Webmii est l’indispensable outil de « personal branding » dans mes friends la reine du personal Branding Fadhila Brahinmi a un joli score de 6,5 je pense que c’est proche du record un outil crée par un reel fils de pub… :))

  3. Tu vois ce truc ne me fait pas peur, Emmanuel. J’en avais déjà entendu parler, c’est la cote de popularité sur le net, un truc pour frimer entre copains. Mais ce site où les clients vont mettre leur nez avant de nous engager ou pour nous donner du boulot, je trouve ça insupportable. C’est une attente à la vie privée^^^

  4. Personnellement cela ne me dérange pas plus que ça car j’assume mes actes, j’ai une vie de rêve, j’assure dans tous les domaines et tout le monde m’aime.

    Y a vraiment pas de quoi s’inquiéter, Warhol le dit très bien :
    "Ne fais pas attention à ce que l’on écrit sur toi. Contente-toi de le mesurer"

  5. Je connais 123people depuis déjà longtemps. Ne soyons pas naîfs. Cela fait déjà très très longtemps que nous sommes fichés, cartographiés, classifiés et étudié en temps voulu… La seule différence avec les ntic : c’est la vitesse de collectage des infos et leurs mises à dispositions au vu de tout le monde. Big Brother a commencé bien avant l’ère numérique.

  6. Tout d’abord merci pour ce blog, Babette, je le trouve riche et varié.
    Je pense qu’il faut tourner l’info à notre faveur. En effet je pense que quand on sait qu’on sous les feux de la rampe, il faut donner le mieux de soi-même.

  7. Bonjour,
    j’avoue ma perplexité sur ce discours alarmiste et serais plutôt en phase avec le commentateur précédent… Oui on est surveillé – comme dans toute activité professionnelle où tout le monde se regarde – oui c’est vrai aussi que le net amène la sphère privée beaucoup plus sur le devant de la scène qu’avant.
    Mais le web est aussi un formidable outil d’auto-promotion et au fond ça devient un jeu où chacun est au même niveau. Les entreprises se font publiquement jugées en permanence, les candidats sont visibles au-delà de leur strict curriculum vitae.
    Mais où est la catastrophe ? L’hypocrisie bat moins son plein, tout simplement. Une phrase assassine sur un blog, une photo potache…et alors ? Tout le monde le savait avant le web. L’important n’est pas de passer des heures à se "nettoyer" virtuellement", mais d’employer judicieusement ce temps pour proposer ce que j’appelle une "information augmentée". Ouvrez un blog pro teintée de votre expertise, c’est toujours plus malin (et tout aussi authentique) que laisser les gens vous trouver dans vos commentires sur le blog des autres.
    Une phrase assassine, c’est aussi une qualité à assumer (vous savez vous exprimer, vous êtes critique). Une photo potache ? Et bien oui vous avez des amis et vous savez vous amuser. Un portrait dans une mani CGT ? Et bien oui, vous avez une conscience politique et un engagement. Rien de tout ça ne vous déshonore.

    Et puis après tout, le recruteur qui ne se fie qu’à une photo potache pour vous juger professionnellement, et bien c’est quelqu’un avec qui vous n’auriez pas bien travaillé de toutes façons.

  8. S’alarmer ? Surtout pas, mais juste en avoir conscience. Une fois qu’on sait qu’on laisse des traces, on peux choisir ce qu’on veux donner de soi. Peu, beaucoup, rien du tout. L’important c’est que chacun fasse ses choix en toute connaissance.

  9. 43 % des recruteurs américains disent avoir renoncé à choisir le candidat lorsqu’ils ont vu ce qu’ils racontaient sur le web. Nous sommes en France, mais il y a de quoi s’inquiéter quand même !
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