Mc Donald’s, rencontre avec le diable

Mc Donald’s, rencontre avec le diable

Le diable est encore le meilleur subterfuge pour disculper Dieu. Sigmund Freud

macdonald

 

En attendant M. Brossard, nous ne restons pas les bras croisés. Pendant que l’équipe tourne et virevolte autour des annonceurs, je me concentre sur Mc Donald’s.

Mc Do, c’est la marque rêvée pour ouvrir le débat avec les consommateurs. Elle est devenu le symbole de tous les maux du monde : « malbouffe », uniformité, rapidité, diabète, problèmes cardio-vasculaires, cholestérol, violence contre les animaux, dévastation des forêts d’Amazonie, Bref, si notre société va mal, c’est la faute à Mc Do. Et si les enfants sont obèses, c’est à cause de leur mcdonalisation.

Bien plus qu’un fast-food, c’est Satan en personne, made USA. Il attire sournoisement nos petits chérubins avec jeux et cadeaux, comme le faisaient autrefois les pervers avec des bombons. Et il les transforme en obèses idiots. Personnellement je pense que dans tout ça, il y a un brin d’hypocrisie et beaucoup de déresponsabilisation de la part des parents. Je m’explique. L’augmentation de l’obésité vient d’un mode de vie global, de difficultés psychologiques et émotionnelles, d’un manque de dépense énergétique, de mauvaises habitudes alimentaires… Tout mettre sur le dos de la restauration rapide, c’est trop facile. Que les marques s’imposent des règles de bonne conduite quand il s’agit d’aspects nutritionnels ou de santé, ça me semble la moindre des choses. Qu’elles gardent une attitude éthique en utilisant des arguments objectifs et scientifiquement prouvés, c’est aussi indispensable. Qu’elles fabriquent des produits sains, moins sucrés, moins gras, moins salés, ça ne peut que me réjouir. Que la pub soit vigilante, c’est parfait.

Mais de là à rendre une marque responsable de l’obésité de nos bambins et de lui donner une responsabilité d’éducateur, faut pas pousser ! Au lieu de prendre le taureau par les cornes, on tire le diable par la queue. Évidemment que nos petits bouts sont incapables de faire la différence entre les produits. Mais où sont donc papa et maman ? Qui achète et paye la bouffe et le Mc Do aux petits poussins ? Et qui décide à la maison ? Les parents ou les enfants ? Je sais que je vais me faire plein d’ennemis, mais tant pis !

Nous avons lu de tout sur Mc Do. Et aussi son contraire. Qu’il utilise une viande composée de 50 % de bœuf et 50 % de soja, qu’elle est gonflée aux OGM et, gloups ! même mélangée à des vers de terre. Mais aussi que c’est une viande Française parfaitement saine, avec des contrôles sanitaires rigoureux et une hygiène parfaite et le logo VBF (origine française) décerné par l’interprofession des viandes bovines, On nous a dit que c’est une entreprise esclavagiste atteinte de jeunisme avec des employés sous-payés qui travaillent dans des conditions inacceptables. Et aussi que Mac Do crée des emplois en France en embauchant 1 500 personnes chaque année.

Certains affirment que c’est une société dépourvue d’éthique. D’autres parlent de sa fondation qui vient en aide à l’enfance défavorisée et construit des maisons pour les parents des enfants hospitalisés. On nous dit qu’elle a le monopole des dégâts en matière environnementale. Mais aussi que, chaque année, elle collecte 5 000 tonnes de cartons d’emballage, pour les recycler dans la papeterie et 7 300 tonnes d’huile de friture usagée pour les transformer en biodiesel.

Il y a de quoi y perdre son nord. La majorité de gens finit par faire un amalgame entre ce qui se passe aux USA ou en Angleterre et chez nous. Le documentaire au vitriol de Morgan Spurlock et le livre « Toxic » de William Reymond ainsi que celui de Naomi Klein, « No logo » contribuent à allumer les polémiques et à faire augmenter la paranoïa.

Quelle est la limite entre la vérité et la divagation ? Je pense que le JSP permettra de faire le tri entre fabulation et réalité, préjugé et rumeur. Un dialogue sain et direct pourra permettre de comprendre et aussi de passer de la polémique à l’échange constructif. Vous pourrez faire à Mc Do toute sorte de propositions, du menu bio aux actions citoyennes. À vous de le pousser à faire pour le mieux. Ca va vous donner la frite. Voilà, c’est dans cette optique que j’écris à Jean-Pierre Petit, PDG de Mc Donald’s France. C’est un ancien publicitaire et pas des moindres. C‘était le « P » de la prestigieuse agence BDDP (aujourd’hui TBWA Paris) qu’il avait fondé avec Jean-Marie Dru. C’est là qu’il a géré le budget McDonald’s jusqu’au jour où il est passé de l’autre côté du miroir. Je suis sûre qu’il peut comprendre l’intérêt du JSP.

En effet, M. Petit comprend. Puisqu’il demande à Étienne Aussedat, le DirCom, de me rappeler. Nous discutons longtemps au téléphone. Il a l’air intéressé. Il me promet de lire attentivement le dossier. En attendant, il me demande de contacter leur équipe d’achat d’espace. Leur accord est déterminant pour la prise de décision. Ça se passe comme ça chez Mc Donald’s.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Je contacte Cécile da Silva-Boulenger, le chef de marque. Elle a une toute petite voix douce, un approche sympatique. Et un tas de questions.

« Combien ça va coûter à Mc Do de participer à cet événement ? Qui prend en charge la création ? Que se passe-t-il à la TV si certains annonceurs ne participent pas à la JSP ? Les annonceurs partenaires côtoieront les spots classiques ? Comment les autres chaînes vont accepter le manque à gagner ? Quelle sera la visibilité des annonceurs ? Qui sont les autres Annonceurs intéressés ? Quelle est la dead line ? » Je réponds point par point. Et patati et patata.

On discute à plusieurs reprises du JSP. Cécile da Silva trouve le projet intéressant, mais elle souhaite le présenter aussi au directeur marketing. Elle va donc essayer de prendre un rendez-vous avec M. Fernando Lacosta, pour qu’on puisse en discuter tous ensemble. Elle va essayer de trouver un jour et une heure où elle pourra réunir tout le monde, en un seul rendez-vous. Pas facile ! Évidemment le moment est mal choisi, ils sont en train de mettre en place la stratégie de l’année prochaine.

Bon, la frite porte conseil… En attendant, « une salade avec un Coca light s’il vous plaît ».

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14 réflexions au sujet de “Mc Donald’s, rencontre avec le diable”

  1. J’ai trouvé absurde le documentaire de Morgan Spurlock "Super size me" qui se basait sur une démonstration complètement débile : manger au MacDo matin, midi et soir et ingurgiter un max de bigs machins. Vous en connaissez beaucoup qui le font ? Il y a bien d’autres absurdités. Je ne pense pas que Mc Do tout est blanc comme neige, mais ils ne sont pas les seuls. Et c’est mesquin de s’acharner sur une entreprise en se basant sur des rumeurs et des lieux communs. Un bon dialogue ferait peut-être prendre conscience à certains de l’absurdité de certaines daccusations. Ceux qui aiment la polémique pour la polémique, ne changeront pas d’idée, mais le monde est plein d’imbéciles.

  2. Je partage ton avis sur le rôle des parents. Je trouve qu’en France, on prefere être assistés plutot que d’assumer ses propres responsabilités. C’est incroyable que ce soit le pouvoir publics et les marques qui sont obligés de se charger de l’education des enfants.

  3. Bien évidemment qu’il y a un amalgame entre Mac Do USA et Mac Do France.
    Et des gens qui abusent. Qu’ils apprennent à manger equilibré ! Quand on varie la nourriture, il n’y a aucun de risque d’obesité. Mais ça aussi c’est un problème d’éducation. Et ce n’est pas à Mac Do de la faire. Pourtant tout le monde devrait savoir que si on avale un kebab-frites tous les jours on peut aussi prendre du poid. Dernièrement j’ai entendu que les frites Mac Do ont une composition pas correcte. Va savoir où est la vérité ! Il faudrait l’avis d’un professionnel. Pendant le JSP ce serait bien d’organiser une table ronde avec la marque, des dietologues, de psys et des experts de l’obesité.

  4. En Californie, on a découvert de substances cancérigènes dans le poulet grillé et aussi des composants qui peuvent provoquer des allergies dans leurs frites. Je crois qu’en France, les contrôles sont plus sevères que là-bas, mais ce serait plus rassurant d’avoir l’avis des experts sur la composition et la provenance de leur produits dans leurs restaurant en France. Si Mac Do participe au JSP, ce serait bien d’inviter à la table ronde des scientifiques .

  5. Mac Do ouvre une grande polémique, indemerdable. On mélange tout et on sème la panique et le doute. Je suis d’accord que seul un discours public avec l’intervention des professionnels sera la solution pour comprendre les limites entre fabulation et verité.

  6. Je suis contre mac do kar c’est l’embleme de l’americanisme et de la malbouffe. En France nous avons la meilleure cuisine du monde et je ne comprends pas les gens qui vont dans ce fast-food pour manger mal. C’est du pur masochisme.

  7. Je suis d’accord avec ce que dit babette, il ne faut pas tout mettre sur le dos de mac do, éduquons les parents, afin qu’ils apprenent à leurs enfants la diversité alimentaire. L’obésité n’est pas la faute de mac do, si on n’abituait pas les enfants à aller manger au mac do dès leurs plus jeune age car les parents n’ont pas envhi de cuisiner ou ne savent pas cuisiner, on n’en serait pas là ! Bref mac do n’est pas responsable des maux de la terre, il serait bon de faire appel à des pros pour mettre fin aux polémiques que ce géant crée malgrés-lui.

  8. Les seuls ennemis que vous allez vous faire en exprimant votre point de vue, ce sont les lâches, ceux qui cherchent toujours à accuser quelqu’un d’autre pour justifier leurs fautes et leurs manques. Es-ce bien grave ?
    En ce qui concerne Mac Donald’s, ce serait intéressant de savoir jusqu’où on peut lui faire confiance? Et si on peut y emmener de temps en temps nos enfants.
    Je trouve que cette idée de débat publique avec l’Entreprise, les professionnels de la santé, les scientifiques et les consommateurs serait vraiment intéressante. France télévision a la legitimité et le devoir de l’organiser. En tout cas, bravo pour cette initiative !

  9. Cette polemique me soule, les gens parlent sans savoir et repetennt tout ce qu’ils entendent. Je suis étudiant et je travaille dans un mac do pour payer mes études depuis plus d’un an. Ca se passe très bien, les gens sont sympas, il y a des controles alimentaire d’hygiene et je ne suis pas exploité. Ceux qui cassent l’ambiance ce sont les clients qui nous parlent avec mépris et aggressivité.

  10. Tout à fait d’accord avec Guy… je bosse chez Mcdo pour me payer mes études, j’avais pas mal d’appréhension sur le boulot chez Mcdo mais je me suis vite rendu compte que dans tout ce qu’on dit sur Mcdo le Trois-quart est faux!
    On est plutot pas mal payé pour le boulot qu’on fait, la moindre minute supp’ est payée (on peut pas en dire autant pour tout le monde) et que dire de l’ambiance??? LE TOP!
    J’peux certifier d’une chose c’est que lorsque le soir je quitte Mcdo je n’ai qu’une seule envie c’est d’petre le lendemain pour y retourner!
    P.S: Vous en connaissez bcp des directeurs qui vous convoquent pour changer vos horaires parce qu’ils ne tiennent pas à vous voir rentrer chez vous seule la nuit? Parce que moi c’est ce qui m’est arrivé… meme en habitant à 4minutes à pieds il n’était pas rassuré…

  11. J’ai un devoir d’anglais pour lundi il faut faire un anti pub sur mac do …
    Tout ce que vous avez dit dans cet artcile est vrai c’est une grande hypocrisie de remettre toutes le fautes sur mac do …
    Sur ce bonne fin de journée ..

  12. Ronald le clown maléfique de Stephen king qui tue à l’aide de viande daubée : c’est bien du Mac Devil ! Je demande un coca pas de merde à l’eau du robinet. Le seul coté positif que je trouve à MCD est qu’il ne soit pas passé à la viande hallal (quoiqu’il serait plutot tendance kacher)! Toujours est t il que les US (patrie du MCD ) et l’exemple de l’intégration réussie , apprennent à certaines de leurs ethnies à piloter pour faire des towers de passe passe ! La prochaine fois servez moi un coca pas de la flotte !

  13. Tout le monde sait McDonalds est la malbouffe, mais il ne s’arrête pas à personne de le manger. Je ne vois pas un problème ici. Nous allons tous mourir de toute façon, alors pourquoi tenir à l’écart de la nourriture savoureuse?

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