Les antipub et le séisme médiatique

Les antipub et le séisme médiatique

Au moins je ne mourrai pas idiote.

codebarre

Je me suis faite une idée du phénomène des nouveaux antipub que je considère comme une tendance à la mode, aguichante, mais volatile. Comme toutes les modes. Pourtant ce mouvement à l’apparence décousue va devenir du cousu main. Le 10 mars 2004, la RATP et Métrobus assignent soixante-deux militants antipub au pénal en leur réclamant 1 million d’euros.
C’est à partir de ce moment que la presse braque tous les feux sur le mouvement en déclanchant un véritable séisme médiatique. Libération fait la « Une » sous le titre Antipub : la génération spontanée en procès.

Les évènements sont immédiatement relatés par Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo. Mais très vite quotidiens, hebdomadaires, mensuels, généralistes, spécialistes, presse hype et classique s’intéressent au mouvement (La Croix, France Soir, CB News, 60 millions de consommateurs, Les Inrockuptibles, Max, Nova mag, Marie-Claire, Femme actuelle, Le Monde Diplomatique, Politis, Silence, Mon quotidien, The Daily Telegraph (Londres,) Print Magazine (New York), Creativity Magazine (New-York), Le Temps (Suisse) etc. Suivent les radios : France Culture, France Inter, Europe 1, RTL, BFM, Europe 2, France Info, ALIGRE F.M. 93.1, Paris F.M. 95.2, Radio Nova, Le Mouv, Fréquence Paris Pluriel, Radio Suisse Romande, Radio suisse italienne, etc.) et, plus discrètement, les TV (FR3, Canal+, Arte, La Cinquième, M6, LCI -Télérama, Télévision suisse romande, etc.).

Les interviews, les articles s’enchaînent, suivis par les reportages et les portraits des figures «emblématiques» du mouvement. Activistes, associations antipub, idéologies, tout est passé au crible. Désormais, les antipub sont sous les feux de la rampe. Frédéric Beigbeder et Oliviero Toscani ajoutent une petite note « glamour » au procès, en se présentant comme témoins.

Le jugement est enfin rendu : Finalement, seules neuf personnes devront payer de 400 à 2000 Euros. Mais le tam-tam médiatique a fait des antipub un véritable fait de société. Un super coup de pub pour les antipub.

Peu à peu le mouvement s’organise, leurs actions sont moins agressives, mais bien plus subtiles. Très rapidement, les antipub parviennent à impliquer de manière active un grand nombre de personnes. Et leurs arguments commencent à être pris au sérieux par les politiques. Ils obtiennent une réunion au Conseil de Paris pour discuter du plan local d’urbanisme sur la place de la pub dans la ville.

stoppub.gifLa Mairie de Paris distribue des autocollants STOP PUB pour éviter l‘engorgement des boîtes aux lettres.  Le gouvernement crée une adresse électronique où tous les internautes peuvent livrer leurs réactions sur les campagnes de pub. La lutte violente devient festive. Le 27 Novembre 2004 a lieu la journée sans achat, suivie, le 11 décembre, par la journée nationale de déversement des prospectus publicitaires.
Plusieurs sites Internet commencent à propager leurs idées en faisant participer les citoyens au débat. Si certains consommateurs rejettent les actes violents des antipub ou ne partagent pas leurs idées, d’autres sont perplexes. Et d’autres encore y adhérent, séduits par l’une ou l’autre facette de l’idéologie du mouvement. Une chose est certaine, le vent de rébellion des mouvements extrémistes a fini par décoiffer l’opinion publique.

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2 réflexions au sujet de “Les antipub et le séisme médiatique”

  1. Il fallait bien une femme pour penser pour combattre ces monstres de la pub qui sont bien souvent dans hommes. Cette journée sans pub est une tache monstrueuse mais pas impossible à mettre en place si seulement ces messieurs les publicitaires ne se déculotaient pas!! Pourtant, il y a déjà des avancées sensibles avec les autocollants sur les boîtes aux lettres, les villes qui refusent la multiplication des panneaux dans les rues et sur les façades, pollution du paysage. Moins de pub entre les programmes au moins une fois par an aurait reposé l’esprit des consommateurs toujours en éveil avec le matraquage publicitaire. Il faudrait que les annonceurs comprenent que bien souvent ces pauses publicitaires servent à faire autre chose que d’être devant le poste de TV à quoi bon entre-coupé les films alors!!! J’attends de pied ferme la journée sans pub où pour une fois je resterais devant l’écran! Un rêve à priori irréalisable à cause du …………!!!!

  2. hello! Avec Roma et tous les artistes de "le mur" nous sommes avec vous car en vérité trop de pub tue le publivore et aussi le publiphobe. voir mon blog sur blogspot : art’ung
    ciao for now

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